Contre toute attente, l’affaire de la viande de cheval qui a secoué l’Hexagone ces derniers jours n’a pas fait que des mécontents. Les boucheries chevalines n’ont en effet jamais eu autant de publicité. La gérante de l'une d'entre elles à Paris s'est confiée à Planet.

Au cœur du scandale, la viande de cheval a bénéficié d’une exposition médiatique sans pareil ces dernières semaines. Si Findus, Panzani ou encore Spanghero se seraient bien passés d’une telle vitrine, les boucheries chevalines, elles, lèvent le menton et redressent les épaules.

Un chiffre d'affaire revu à la hausse"J’ai enregistré une augmentation de 10 à 15 % de mon chiffre d’affaire", explique Jocelyne Lamire, 64 ans, gérante d’une boucherie chevaline à Paris (IXe), qui a accepté de répondre aux questions de Planet. "C’est vrai que l’impact du scandale a été positif, mais de là à dire qu’on fait 25 % de plus, c’est faux", modère-t-elle toutefois. Pour la sexagénaire, cet engouement pour la viande chevaline sera de courte durée. " Il y a eu monde la semaine dernière, mais cette semaine ça c’est déjà calmé", constate-t-elle.

Les commerçants étaient-il au parfum ?

Les bouchers chevalins étaient-ils au courant de ce scandale avant les autres ? La commerçante se doutait-elle que certains produits de grande surface contenaient de la viande de cheval alors qu’ils étaient étiquetés viande de bœuf ?  "Bien sûr que non, j’ai été moi-même surprise", avoue Jocelyne Lamire. "C’est de la tromperie", s’indigne t-elle.  La consommation de viande de cheval reste marginale en France. Une personne habituée à en consommer aurait-elle pu s’apercevoir de la supercherie ? Impossible d’après la bouchère : "haché, cuit et plein d’épices : ça pourrait être du bœuf, du cheval, du porc qu’on ne s’en rendrait pas compte".  Elle tient également à souligner que, contrairement à ce que pourrait faire penser le cyclone médiatique, la viande de cheval est tout à fait propre à la consommation.

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Jocelyne Lamire n’a d'ailleurs pu s’empêcher de raconter une anecdote à ce sujet: "J’ai un client qui achète souvent de la viande chevaline. Il m’a raconté qu’il en a déjà servi à diner à ses amis et qu’il ne s’en sont pas rendus compte. Je vous mets au défi de vous rendre compte que vous mangez du cheval". Le pari est lancé.

 

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