A Frémainville, dans le Val d'Oise, la nouvelle municipalité a décidé de retirer le buste d'une Marianne aux traits africains, en place depuis 1999.

Le petit village de Frémainville, qui dénombre près de 500 habitants, avait été le premier à afficher la représentation d'une Marianne aux inspirations africaines. Installée en 1999, elle a été retirée 15 ans plus tard, au mois de novembre, par le nouveau maire qui a opté pour une version plus classique.

Un village uniqueLa commune était la première à installer une Marianne noire, rapporte Le Parisien. Seulement 7 ans plus tard, Bobigny, en Seine-Saint-Denis, avait également osé ce choix. "Cette Marianne noire, c'était le symbole de Frémainville", a déploré l'ancien maire Maurice Maillet auprès du quotidien. Le buste avait été offert par un ami du maire lors d'une commémoration sur la fin de l'esclavage et le 50ème anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme."Pourquoi la République ne serait pas noire, il suffit de regarder l'équipe de France de Football", a-t-il déclaré. Un constat corrélé par le fait qu'aucun texte légal n'impose de critère à la Marianne.

Une Marianne de la liberté, pas de la RépubliqueDe son côté, le nouveau maire Marcel Allegre, élu en mars dernier, a estimé que le buste "était une Marianne de la liberté, pas une Marianne de la République. Elle représentait certes quelque chose, mais pas la République". Et d'ajouter : "c'est un bon symbole pour la fin de l'esclavage mais en vertu de quoi l'élèverait-on au rang de Marianne de la République ?". Détrônée de son emplacement habituel, dans la salle des mariages, la statue a été placée dans une autre salle municipale, a assuré l'actuel maire de la ville.

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L'affaire devant la justiceSur son site Internet, le Conseil représentatif des associations noires (Cran) a annoncé qu'il avait porté l'affaire devant la justice. En effet, le Cran a saisi le procureur de la République, le Défenseur des droits et le préfet du département, rapporte Le Figaro. Dans un communiqué, l'association estime que les mots de l'actuel maire sont ceux "des pires théoriciens du Ku Klux Klan, et des mouvements suprématistes". Outré qu'on l'accuse de racisme, le maire en fonction a précisé que le buste n'avait fait l'objet que d'un déplacement vers une salle de réunion.

De son côté, l'ancien maire a déclaré vouloir récupérer l’œuvre si celle-ci n'était pas placée à "un endroit visible du grand public".

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