Sur la première page du "Petit Journal", l’annonce d’un reportage sur les gens du voyage dans le Sud-Ouest titré de manière provocante suscite l’indignation de ces derniers.

"A quoi servent les gitans de Perpignan ?", a titré de manière provocante l’hebdomadaire local "Le petit journal" dans sa version catalane du 14 août, rapporte France 3 Midi-Pyrénées.

Un titre qui n’a d’abord pas plu au personnel de l’hebdomadaire, en grève depuis le 11 mai, qui dénonce, via Facebook, cette "Une à caractère raciste et xénophobe" d’un numéro "pirate" qui a été conçu "directement depuis Montauban [où siège la maison d’édition du journal, NDLR] sans aucun journaliste salarié."

"Il faut un peu de provocation" pour relancer un journal

Principal mis en cause : le directeur de la publication, Alain Paga : "Je ne m’occupe pas des titres, je ne regarde même pas les Unes. C’est le correspondant sur place qui l’a senti comme ça. Nous sommes un journal dans lequel souffle un air de liberté.", a-t-il fait savoir à France 3. Le directeur de la publication explique ensuite que ce titre peut être bénéfique pour le journal : "Vous savez, quand on veut relancer un journal, il faut un peu de provocation !"

Le correspondant en question, auteur du dossier sur les gitans, s’est également expliqué : "Oui nous posons la question de l’utilité des gitans de Perpignan, simplement parce que les Perpignanais eux-mêmes se la posent. Mais dès le début de mon article, nous condamnons cette question. Et nous y répondons, en disant que les gitans sont utiles à l’âme de la ville ! Mais pourquoi ne faudrait-il pas poser dans un journal les questions que les gens se posent vraiment ?"

Le directeur de la publication déjà mis en examen

Reste que cette Une ne passe pas chez les gens du voyage locaux qui ont envoyé des courriers à l’hebdomadaire pour lui faire part de leur mécontentement et de leur peur que les habitants ne lisent que le titre.

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Enfin, comme le rappelle France 3, le directeur de la publication, Alain Paga, a récemment été mis en examen pour "recel de fonds publics détournés par personne dépositaire de l’autorité publique ou investie d’une mission de service public". Il est soupçonné d’avoir publié des articles payés par la ville de Montauban au profit du maire (Les Républicains), Brigitte Barèges – elle aussi mise en examen – durant la campagne des élections municipales de mars 2014.

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mots-clés : Gitans, Une, Polémique
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