Pour désengorger Calais et répartir les migrants sur le territoire, deux à trois fois par semaine l’Etat aurait recours à un jet privé. Plus de détails.

Une affaire qui promet de faire du bruit. Alors que le nombre de migrants a doublé dans la jungle de Calais au cours des trois dernières semaines, l’Etat aurait entrepris de la désengorger en déplaçant les réfugiés. Mais pas n’importe comment. StreetPress révèle cette semaine que l’Etat loue un jet privé à la compagnie Twin Jet. Toujours selon les informations du site, deux à trois fois par semaine, un avion privé se poserait ainsi sur le tarmac de l’aérodrome de Calais. Il arriverait avec à son bord deux pilotes et une dizaine d’agents de la Police aux frontières (Paf). La mission de ces derniers : repartir avec quelques migrants interpellés quelques jours plus tôt par les forces de l’ordre à Calais pour ensuite les déplacer vers Nîmes, Metz ou Rennes. Une initiative qui se défend mais qui, quand on y regarde de plus près, pose deux principaux problèmes.

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23 000 euros dépensés à chaque opération

Toujours selon StreetPress, il y a d’abord le coût de cette opération : 1,5 million d’euros par an pour la location du jet privé. Une coquette somme à laquelle il faut ensuite ajouter le prix du kérosène et le salaire de fonctionnaires de la Paf. Aussi, à chaque fois qu’il recourt à un jet privé, l’Etat dépenserait 23 000 euros par jour et ce, pour ne déplacer que cinq migrants. En effet, le jet privé loué par l’Etat est un Beech 1900 banalisé qui contient 19 places. Et alors que la procédure exige deux policiers pour escorter un migrant, le calcul est vite fait. Au total, StreetPress a calculé qu’en six mois, une centaine de migrants a été déplacée de cette manière.

Une "efficacité nulle"

L’autre problème posé par cette opération est que les migrants ainsi déplacés finissent par revenir à Calais. Une fois placés en détention, ils sont toujours relâchés et reviennent ensuite à Calais pour tenter une nouvelle fois de rejoindre l’Angleterre, explique StreetPress. Si bien que certains d’entre eux ont même été déplacés plusieurs fois en jet privé. L’efficacité de cette opération est donc "nulle", commente le site.

 En vidéo - E

cole, restaurant, bibliothèque... une ville dans la jungle de Calais