Halim Abdelmalek, assigné à résidence entre novembre 2015 et janvier 2016, réclame des indemnités à l’Etat. Il est en colère car sa société de dépannage a perdu 60% de son chiffre d’affaires.  

Soupçonné, par le ministère de l’Intérieur, de se rapprocher de la "mouvance islamiste radicale" et d’avoir rôdé autour du domicile d’un journaliste de Charlie Hebdo (Riss), Halim Abdelmalek avait été assigné à résidence le 14 novembre 2015, soit le lendemain des attentats de Paris. Comme 94 personnes aujourd’hui, cet habitant de Vitry-sur-Seine (fiché "S") avait été surveillé de très près pendant deux mois.

"J'ai été obligé de licencier mes trois employés"

Sauf que, les faits reprochés par le ministère de l’Intérieur n’avaient jamais pu être prouvés, et l’assignation d’Halim Abdelmalek a été suspendue par le conseil d’Etat le 22 janvier 2016. Un soulagement donc pour ce père de deux enfants… qui réclame néanmoins des indemnités à l’Etat.

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En effet, comme le révèle RMC, Halim Abdelmalek réclame des remboursements pour préjudice financier et moral. Il est sidéré que sa société de dépannage a perdu 60% de son chiffre d’affaires pendant l’assignation. "J'ai été obligé de licencier mes trois employés", fustige-t-il sur RMC. "J'étais quelqu'un qui donnait du travail. Aujourd'hui, je ne peux plus en donner aux autres et en plus je ne peux plus subvenir à mes propres besoins. C'est affreux. Je ne faisais pas partie de ce monde-là. Ce n'est pas une question d'argent, c'est juste que je veux que l'on me rende ce que l'on m'a pris".

C’est la première fois qu’un ex-assigné à résidence demande réparation à l’Etat

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Toujours d’après les informations de RMC, c’est la première fois qu’un ex-assigné à résidence demande réparation à l’Etat. Avec l’aide de son avocat, Halim Abdelmalek va demander une indemnisation au ministère de l’Intérieur. "C'est lui qui a pris la décision de l'assigné à résidence. Aucune raison objective ne justifierait le fait que l'on prive de son droit à l'indemnisation M. Halim Abdelmalek qui est la figure de proue des dérives de l'état d'urgence".

En cas de refus de l’Etat, l’homme pourrait se tourner vers le tribunal administratif. Aujourd’hui, Halim Abdelmalek tente, tant bien que mal, de relancer sa société.

Rappelons que, pour être assigné à résidence, il faut qu’"il existe des raisons sérieuses de penser que l’intéressé constitue une menace pour l’ordre ou la sécurité publics"

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