Dans son édition du 31 août, le magazine satirique a caricaturé les victimes du tremblement de terre en Italie. L'image n'a pas du tout été appréciée par les Italiens.

Charlie Hebdo a de nouveau choqué, avec son numéro du 31 août. En ouvrant le journal, ses lecteurs ont découvert un dessin perturbant : il évoque le séisme qui a fait plus de 291 morts en Italie le 24 août dernier... sur le ton de l'humour.

Baptisé "séisme à l’italienne", la caricature montre trois personnages. L’un est un homme au front ensanglanté, placé sous la mention "penne sauce tomate". On y voit aussi une femme au visage tuméfié, affublée de la légende "penne gratinées", et des corps écrasés par les gravats, surmonté d’un simple mot : "lasagnes".

Le dessin, que l'on doit au dessinateur Félix, a fait le tour des réseaux sociaux, indignant autant les Italiens que les Français. Selon le Huffington Post, qui s'appuie sur le Corriere Della Serra, le député italien Michele Anzaldi a même demandé à la France de se "désolidariser" du dessin.

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Des réactions de tout bord

L’ambassade de France en Italie a rapidement réagi sur son site : "Les opinions des journalistes sont libres. Le dessin publié par Charlie Hebdo ne représente absolument pas la position de la France". D’autres internautes se sont indignés, des deux côtés des Alpes.

"Les Italiens utilisent le hashtag #jenesuispascharlie pour montrer leur indignation à propos du dessin de Charlie Hebdo", a indiqué ce journaliste italien.

"Vous êtes libres de faire le dessin que vous voulez, je suis libre de dire que c’est honteux", a lancé Nicola Zingaretti, président de la région du Latium.

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La dessinatrice Coco, dont le dessin a été relayé par une autre dessinatrice, Corinne, qui œuvre parfois pour le journal satirique, a contré les réactions des Italiens. Elle a porté l'attention du peuple sur la responsabilité de la mafia dans la fragilité de leurs maisons.

Enfin, certains dessinateurs italiens ont répondu en images.

Le ministre italien de la Justice, dont les propos ont été relayés par Sud Ouest, a déclaré que le journal ne recherchait que "l'attention des médias". Si c'était le cas, le pari est réussi.

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