Laurent et Eric, deux agents de voierie qui ont survécu à la fusillade de Montrouge commise par Amedy Coulibaly en janvier dernier, se sont récemment exprimés pour la toute première fois sur ce qu’ils ont vécu.

Le 8 janvier dernier, Amedy Coulibaly a ouvert le feu sur deux policiers et deux agents de voirie à Montrouge, dans les Hauts-de-Seine. La policière municipale, Clarissa Jean-Philippe a été tuée, tandis son collègue et les employés de la mairie ont survécu. Tous les trois ont d’ailleurs été décorés jeudi par le préfet du département qui a salué leur courage. Dix mois après la fusillade, tous sont encore choqués par ce qui s’est passé. Laurent et Eric, les agents de voirie ont accepté de raconter au Parisien ce qu’ils avaient vécu. "Ce matin-là, on a reçu un coup de fil comme c’est le cas quand il y a un accident", a entamé Laurent, précisant que lui, son collègue et deux policiers se sont retrouvés sur place en attendant une dépanneuse. "Là, j’ai senti quelqu’un qui me tirait pas le bras, donc je me suis retourné. Et j’ai vu ce type cagoulé", a-t-il poursuivi.

A lire aussi - Attentats de janvier : découvrez les instructions reçues par Amedy Coulibaly

"Heureusement, sinon je ne serai pas là"Le quadragénaire a ensuite expliqué qu’il n’a pas tout de suite pris conscience de la gravité de la situation : "J’ai tapé sur le bout de la Kalachnikov en pensant que c’était un jouet". Les tirs d’Amedy Coulibaly ont pourtant touché son collègue Eric au niveau du visage et tué la policière Clarissa Jean-Philippe. "J'étais paralysé pendant une ou deux secondes. Mais on comprend que, si on ne réagit pas, on va mourir. Je me suis dit: il ne faut pas que je tombe par terre", a raconté le blessé. La balle a traversé son visage en passant au-dessus de sa lèvre supérieure et en sortant sous son oreille droite. Son collègue Laurent prend alors conscience de ce qui se passe en voyant sa "tête déformée par la balle" et en entendant la policière "gémir".

Publicité
"Je me suis dit que mon seul moyen de survie, c’était de lui sauter dessus, s’est souvenu Laurent. Alors, je lui ai sauté dessus. Et je me suis agrippé comme une sangsue". L’agent de voirie est pourtant diabétique et s’était senti faible quelques minutes avant l’attaque. Amedy Coulibaly a finalement réussi à reprendre le dessus sur lui et à le mettre à terre. "Il m’a dit : 'Ah tu veux jouer ? Ben tu vas crever.' J’ai entendu un clic. En fait l’arme s’est enrayée. Heureusement, sinon je ne serais plus là",  a affirmé l’agent de voirie. Et celui-ci d’ajouter que le terroriste lui a ensuite asséné un coup à la tête avant de s’enfuir. Selon lui, sans cet affrontement entre eux deux, Amedy Coulibaly "s’en serait pris à l’école juive juste à côté du lieu du drame (…) C’est un taré. C’est clair qu’il était shooté. Ces mecs-là, ils prennent des trucs avant de passer à l’acte".

En vidéo : un policier du RAID raconte l'assaut contre Amedy Coulibaly à l'Hyper Cacher