Jean Germain devait comparaître ce mardi pour "détournement de fonds publics". Mais l'ancien édile ne s'était pas présenté à la justice et avait laissé une lettre d'adieu. Les policiers l'ont retrouvé mort près de son domicile.

Ce mardi, le procès dit des "mariages chinois" devait s’ouvrir au tribunal de grande instance de Tours. Le sénateur, âgé de 67 ans, était accusé de "complicité de prise illégale d'intérêts et détournement de fonds publics". Ce matin, on apprend que Jean Germain, qui ne s'était pas présenté au tribunal, a été retrouvé mort près de son domicile après avoir déposé une lettre d'adieu. Il se serait suicidé avec un fusil de chasse, selon BFMtv.

Son avocat avait indiqué lors de l'appel des accusés qu'il "était très mal ce matin" et qu'il "vivait très mal ces accusations". "Jusqu'à la dernière seconde, on a préparé ce procès", a pourtant expliqué l'avocat au Parisiense souvenant par ailleurs que l'ancien maire lui avait dit que "jamais personne dans sa famille n'avait été sur un banc correctionnel". Dans un dernier SMS, échangé ce mardi à 7h30 avec le député PS Jean-Patrick Gille, Jean Germain lui avait écrit : "C'est injuste.", comme le révèle l'Express.

Dans la lettre d'adieu, l'ancien maire avait écrit : "J'apprends que le ministère public va requérir pour des raisons politiques, je ne peux accepter d'être poursuivi pour une telle forfaiture, ni accepter la chasse aux politiques. Soyez sûrs que je n'ai jamais volé un centime, mes proches comprendront". 

Peu après l'annonce de sa mort, le Premier ministre, Manuel Valls, a fait part de sa tristesse : "Je perds un ami, nous étions très liés. Je pense à lui, c'est un jour très triste". Puis, le chef du gouvernement, qui devait rencontrer Jean Germain sous peu, a veillé à saluer la mémoire d'un homme "extraordinaire" qui "portait en lui une part de cette douceur du centre de la France". De son côté, l'actuel maire (UMP) de Tours, Serge Babary, qui était, petit, dans le même collège que Jean Germain, s'est dit "très affecté par cette nouvelle terrible", "comme tous les Tourangeaux."

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Le maire a toujours clamé son innocence

Entre 2007 et 2011, des dizaines de couples chinois sont venus en Touraine afin d’y célébrer de fausses noces. Les "noces romantiques en Touraine" incluaient des visites de châteaux de la Loire et de la ville de Tours ainsi qu’un faux mariage prononcé par le maire, rapporte Europe1. Ces faux mariages étaient organisés par la société Time-Lotus bleu Sarl, une entreprise créée par Lise Han. En 2008, cette dernière a rejoint le cabinet du maire en tant que "chargée des relations entre la France et la Chine". Elle a ensuite été engagée par la société d’économie mixte en charge du tourisme à Tours. Toutefois, Lise Han était toujours gérante de sa société, selon les magistrats. Elle a donc été mise en examen le 25 janvier 2013 pour "escroquerie", "prise illégale d’intérêt" et "recel de fonds publics". Sa double casquette a permis à la société de toucher 750 000 euros d’argent public.

Quelques mois plus tard, en octobre, le maire avait été mis en examen à son tour pour "complicité illégale d’intérêt et détournement de fonds publics" et risquait jusqu'à cinq ans de prison. Jean Germain avait par la suite été battu aux dernières élections municipales alors qu’il se présentait pour la quatrième fois à la mairie de Tours. Il avait cependant déclaré qu’il "ignorait en totale bonne foi les mensonges et les manipulations de Lise Han" et avait ajouté qu’il n’avait pas pris la décision de son recrutement par la SEM chargée du tourisme tourangeau, détenue à 90% par la ville.

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"Il n'est pas impossible que la crédulité du maire et de la municipalité ait été abusée", a indiqué l’avocat de l'ex maire de Tours. Néanmoins, le conseil a reconnu "la qualité du travail de Lise Han tant sur le plan économique que touristique". "Le nombre de touristes en Touraine a été multiplié par trois", a-t-il poursuivi en assurant qu’"il n’y a pas eu de préjudice" subi par la collectivité.

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