Oui mais pas plus qu’il y a déjà quelques semaines. C’est en substance le message que Manuel Valls a fait passer ce jeudi, précisant également que la France a "les outils" nécessaires pour réduire ce risque.

Le Canada a subi mercredi une attaque armée au sein de son Parlement. Le tireur présumé a été abattu. Il s’agirait d’un ressortissant canadien de 32 ans, converti à l’islam et récemment radicalisé. Et si pour l’heure, aucun lien n’a clairement été établi entre sa radicalisation et l’attaque qu’il aurait déclenchée, cela n’en braque pas moins les projecteurs sur notre pays et sur les éventuels risques que celui-ci encoure. "Oui, il y a un risque terroriste", a déclaré Manuel Valls ce jeudi. Invité sur le plateau de BFM TV / RMC, le Premier ministre a clairement reconnu qu’une menace terroriste pesait sur la France, tout en tempérant : "le risque zéro n’existe pas" en matière de terrorisme.

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Soucieux de se montrer rassurant, le chef du gouvernement a également souligné que "beaucoup est fait" pour réduire ce risque. "On a les outils", a-t-il insisté avant de rappeler que "de nombreux attentats ont été déjoués depuis 2012" et l’affaire Mohamed Merah. Effectivement, depuis deux ans la France a adopté de nouvelles mesures pour tenter de contrer les terroristes. Aussi, si le nombre de menaces a augmenté, celui des moyens dont disposent les autorités pour les enterrer aussi.

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Renforcement de loi anti-djihadRécemment, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a d'ailleurs présenté un renforcement de la loi anti-djihad. Celui-ci comprend notamment une interdiction de sortie de territoire pour certains ressortissants considérés comme de potentiels auteurs d’attaques, le renforcement des outils de répression et une nouvelle incrimination : "l’entreprise individuelle à caractère terroriste". Cette dernière vient compléter "l’association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste". En d’autres termes, ceux que l’on appelle "les loups solitaires" - les "ennemis intérieurs" qui se radicalisent individuellement et passent à l’attaque sans l’aide de quiconque - peuvent à présent être accusés de terrorisme. Notons cependant que c’est justement le mode opératoire de ces individus qui rend leur détection difficile.

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Niveau d’alerte "vigilance" maintenuQuant à l’implication de la France dans la lutte contre le terrorisme hors de ses frontières, Manuel Valls a appelé ce jeudi à poursuivre "la coopération internationale et européenne". Le Premier ministre a également maintenu les positions de la France. Elle "assume ses responsabilités, au Mali, au Sahel, aujourd’hui en Irak", a-t-il affirmé. Le mois dernier, le français Hervé Gourdel  a été assassiné par un groupe terroriste après avoir été enlevé en Algérie. Rapidement, le gouvernement avait pris des mesures pour renforcer la sécurité dnas l'Hexagone mais le niveau d’alerte du plan vigipirate était resté en "vigilance". Il n'avait pas été augmenté au niveau "alerte d’attentat", lequel s’applique quand des projets d’attaques ont été détectés ou qu’un acte terroriste a été commis sur le territoire. Et alors qu’aucune nouvelle annonce de ce type n’a été faite, il devrait donc toujours y être.

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