Deux jours après les révélations du Guardian et du Washington Post sur deux programmes secrets de surveillance de l’Agence nationale de sécurité (NSA), la sécurité de la vie privée sur internet est remise en cause. Depuis, le scandale est devenu mondial et des dossiers ressortent. Le Monde a révélé avant hier l’existence, en France, d’un système de surveillance au sein même de la DGSE.

Selon Le Monde, la France disposerait d’un programme de surveillance massif proche de celui de la NSA au sein même de la DGSE, la Direction Générale de la Sécurité extérieure, les renseignements français.

Ce service, placé sous l’égide du ministère de la Défense, décrypte l’incommensurable flux d’informations au-delà de nos frontières. Un tel acte serait justifié par la lutte antiterroriste, et ce en l’absence d’encadrement légal. Certains fichiers publics (fisc, police, justice) sont constitués sans notre accord et sans possibilité d’opposition, mais depuis quelques temps, au motif de sécurité du territoire, l’espionnage des échanges Internet peut porter sur tous les sujets. Bernard Barbier, directeur technique de la DGSE, explique : "nous stockons tous les mots de passe, nous avons des dictionnaires de millions de mots de passe ". Interrogée par Le Monde, la DGSE s’est refusée à tout commentaire arguant le secret-défense.

La sécurité prime sur la liberté

Vendredi 7 juin, les quotidiens Washington Post et The Guardian ont révélé l’existence du programme Prism, un outil de surveillance des communications mis en place par les Etats-Unis pour suivre l’activité en ligne des citoyens américains. La NSA collecte des informations (courriels, photos, contenu audio et vidéo) auprès des neufs géants américains du web (google,facebook, microsoft, yahoo,...). Ces entreprises ont toutes démenti, sans toutefois nier une collaboration avec l’agence de renseignement américaine. La NSA travaillerait en collaboration avec les services secrets britanniques, le FBI et d’autres organismes internationaux de renseignements.

L'existence du programme a été révélée par un ancien agent de la CIA Edward Snowden aujourd’hui réfugié à Hong Kong. La NSA aurait collecté en mars dernier plus de 97 milliards d’informations

La FISA (Foreign Intelligence Surveillance Act), loi de 1978 décrivant les procédures des surveillances électroniques et la collecte d’information dispose que "tous les citoyens non américains peuvent être écoutés sans conditions lorsque les données sont stockées aux USA". 

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Depuis ces révélations, le livre d’Orwell 1984 et son Big Brother connaît un très fort regain d’intérêt, notamment sur Amazon et autres sites d’achats en ligne. Lundi 10 juin les ventes avaient augmenté de 91% en début d’après midi, puis 126% rapporte le Washington Examiner. Le mardi, l’augmentation atteignait 337%.    

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