De nouveaux éléments sont dernièrement apparus dans l'affaire du suicide de Kristina Rady, l'ex-femme de Bertrand Cantat, début 2010. Une lettre de sa mère accompagnant un enregistrement d'un message que lui aurait laissé sa fille apportent de nouvelles lumières sur la possible implication du chanteur. 

Capture d'écran du nouveau clip de Bertrand Cantat, "Droit dans le Soleil". © Barclay/VEVO

A l’aube de la sortie de son nouvel album, et alors qu’il retrouve peu à peu les chemins de la scène et de la postérité en tant que musicien sous le nom de Détroit, Bertrand Cantat est susceptible d’être de nouveau inquiété par la justice. En cause ? Le suicide de son ex-femme, Kristina Rady, qu’il est soupçonné d’avoir violentée et poussée à se donner la mort. C’est dans une lettre de la mère de la défunte adressée à son ancien compagnon que se trouvent nombre des éléments à même de voir le chanteur comparaître.

"Il la menaçait de la tuer !"

La lettre de Csilla Rady, mère de Kristina, emplie d’émotion et de détresse, fait état des agissements de l’ancien leader de Noir Désir. Menaces de mort, chantage affectif visant leurs deux enfants, les dires de la femme ne sont pas en reste. "Une menace de vie. Une plainte, c’est une demande de secours", comme elle l’explique, où elle mentionne les "menaces de mort" proférées par le musicien à l’encontre de son ex-femme. Cette lettre, adressée à François Saubadu, ex-compagnon de Kristina, fait écho à celle qu’elle aurait elle-même envoyée à ses proches. Lettre gardée sous silence par le parquet par respect pour sa famille.

Plus troublant encore, le document joint à la lettre, un enregistrement d’un message de Kristina à l’attention de ses parents, faisant référence aux coups que Cantat lui aurait infligés et à la pression psycholigique insupportable qu’il éxercait sur elle. Retranscrite par L’Express, elle y mentionne très clairement la "folie de Bertrand", et déclare être prisonnières de ce "vrai cauchemar qu’il appelle l’amour", craignant le suicide du chanteur si elle mettait son souhait de "déménager dant un autre pays et de disparaître simplement" à éxécution. Toutes ces épées de Damoclès auraient vraisemblablement pesé dans la balance de sa décision fatale du 10 janvier 2010.

L’affaire de nouveau portée devant la justice

Un florilège d’éléments, d’ailleurs condensé dans le livre Bertrand Cantat-Marie Trintignant, L’amour à mort de Stéphane Bouchet et Frédéric Vézard, suffisant selon François Saubadu et son avocate pour rouvrir l’enquête. Ce dernier a d’ailleurs obtenu une audition avec la procureure de la République Marie-Madeleine Alliot. Cependant, la parquet ne juge pas ces preuves assez tangibles pour exhumer l’affaire. A l’écoute de l’enregistrement, l’avocate Yael Mellul, spécialisée dans les violences faites aux femmes, revendique l’inculpation de Bertrand Cantat pour "violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner." La famille, quant à elle, s’est désolidarisée de la démarche.

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Bertrand Cantat, dans son interview aux Inrocks, la première depuis 2003, a fait état du caractère "inacceptable" de telles suspicions, et juge "affreux, abject d’être devenu le symbole de la violence contre les femmes."

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