Des restes de victimes de l’anatomiste nazi August Hirt ont récemment été découverts à l’institut de médecine légale de Strasbourg (Bas-Rhin), alors que les scientifiques niaient jusque-là leur existence.

Michel Cymes avait bel et bien dit vrai. Le docteur et chroniqueur de télévision sur France 5 avait suggéré dans son ouvrage Hippocrate aux enfers l’existence de restes humains datant de l’époque nazie au sein de l’institut de médecine légale de Strasbourg. Si cette thèse avait suscité en janvier dernier de vives réactions auprès de la communauté scientifique, elle vient pourtant d’être confirmée. En effet, des bocaux et des éprouvettes renfermant des restes de victimes de l’anatomiste nazi August Hirt ont été découverts le 9 juillet à l’institut, a annoncé la municipalité dans un communiqué.

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L’auteur de la découverte, le chercheur Raphaël Toledano, est parvenu à identifier plusieurs pièces, parmi lesquelles "un bocal contenant des fragments de peau d’une victime de chambre à gaz". L’historien a également découvert de nombreuses "éprouvettes renfermant le contenu de l’intestin et de l’estomac d’une victime et un galet de matricule utilisé lors de l’incinération des corps" au camp de concentration alsacien de Natzweiler-Struthof. Un lieu particulièrement sinistre où les victimes d’August Hirt étaient gazées après avoir été mutilées.

Une "collection de squelettes juifs"

Et pour cause : le médecin nazi souhaitait à l’époque rassembler une "collection de squelettes juifs", en tuant pour cela 86 prisonniers juifs. Si la plupart des restes humains, retrouvés à la libération de la ville en 1944, ont été inhumés dans un cimetière juif 70 ans plus tôt, les pièces manquantes ont quant à elles été conservées par un professeur de médecine légale, dans le cadre de l’enquête sur les crimes du docteur Hirt.

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Ces pièces seront prochainement remises à la communauté juive de Strasbourg, afin de "faire l’objet d’une inhumation et de rejoindre les restes des victimes inhumés le 23 octobre 1945 au cimetière de Strasbourg-Robertsau, avant d’être transférés au cimetière israélite de Strasbourg-Cronenbourg en 1951", a indiqué la mairie.

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