C'est une des malheureuses conséquences de la sécurité routière. Mis en cause dans de nombreux accidents, les grands platanes délimitant les routes de France pourraient être arrachés.

Dans le cadre de son plan de durcissement de la sécurité routière, le ministère de l'Intérieur a réclamé aux collectivités territoriales des "audits de sécurité" de leurs infrastructures routières. Si les arbres ne sont pas explicitement mentionnés, les défenseurs de ceux-ci craignent déjà leur déracinement. Responsables d'accidents mortels pour certains, gage de sécurité pour d'autres, les arbres ont déjà fait l'objet de débats, aujourd'hui relancés par Bernard Cazeneuve.

L'arbre : cause de 10% des tués sur la route

En 2013, 326 personnes ont trouvé la mort après avoir percuté un arbre. Un chiffre qui a suffi à ce que Bernard Cazeneuve relance le débat de la présence de platanes et autres marronniers sur le bord de la route. Via un audit demandé aux collectivités territoriales, le ministre de l'Intérieur souhaite recenser les "obstacles latéraux" parsemés dans le décor routier. Si le locataire de la place Beauvau a précisé qu'il ne s'agissait là que d'un audit et que rien n'était fait, les défenseurs craignent déjà la destruction de ce patrimoine typiquement français.

"Certes, l'arbre est un facteur aggravant mais ce plan est fait pour s'attaquer aux causes des accidents. Les causes sont avant tout l'alcool, la vitesse, les comportements", a précisé Chantal Fauché, présidente de l'Association pour la protection des arbres en bord de route, au micro d'Europe 1. "L'abattage est un choix politique simpliste, souvent adopté parce qu'il permet aussi d'économiser des frais d'entretien", a-t-elle ajouté. Pour calmer le jeu, Bernard Cazeneuve a également rappelé que les directives européennes imposaient la préservation des paysages. Par ailleurs, les arbres les plus "dangereux" sont aujourd'hui protégés par des glissières.

L'arbre : influence positive sur les comportements

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Au delà des craintes des défenseurs des arbres, certains estiment qu'une route bordée de ces végétaux est une route plus sûre. S'appuyant sur une étude réalisée en 2006 par le Service d'études techniques des routes et autoroutes, ils affirment que les arbres permettent une meilleure appréhension de la route. Dans une explication relevée par Le Figaro, marronniers et platanes rendent le tracé plus "lisible", servent de références de vitesse et de repères de distance, et créent un "effet paroi" favorisant une allure modérée. Deux écoles donc, qui risquent de s'affronter pour ou contre le maintien de ces "avenues à la française", comme disent les Anglais.

Vidéo sur le même thème - Sécurité routière : baisse du nombre de morts en mars, Cazeneuve réaffirme ses mesures 

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