C’est à lui que l’on doit, entre autres, les premières photos de Mazarine Pingeot en 1994 ou encore celles de François Hollande à scooter cette année. En 25 ans de métier, le photographe Sébastien Valiela a réussi plusieurs coups de maître. Il revient dessus dans son livre "Paparazzo, du scoop au secret d’Etat".

Planet : Vous êtes à l’origine de nombreux scoops. Y en a-t-il qui vous ont marqué plus que d’autres ?Sébastien Valiela* : "Mon travail consiste à révéler un scoop par une image. Aussi, je suis satisfait dès que j’y parviens mais certaines photos ont un impact plus fort. Les scoops présidentiels sont toujours plus puissants que les scoops people. Les gens s’intéressent plus longtemps aux histoires sentimentales de François Hollande qu’à celles de Vanessa Paradis ou Jenifer. Un scoop présidentiel créé un véritable débat et est repris pendant plus longtemps qu’un scoop people. Aussi, et même s’il y en a eu 300 entre les deux, les photos de Mazarine Pingeot et celles de François Hollande à scooter sont mes deux plus gros scoops.

D’une manière générale, je pense qu’une photo en dit beaucoup plus sur la vie privée que les discours que les gens peuvent faire. Prenez l’exemplaire de François Hollande : il se disait ‘exemplaire’ et mes photos prises rue du Cirque ont montré que c’était faux, que c’était un homme qui trompait sa compagne, qu'il n’était pas honnête.

A lire aussi – Affaire Hollande-Gayet l’actrice a-t-elle menti à la justice ?

Planet : Est-ce un métier qui peut s’avérer dangereux ?Sébastien Valiela : Oui, il l’est dans la mesure où l’on peut avoir un accident lorsque l’on chasse une voiture en scooter et que l’on grimpe dans un arbre ou sur un mur pour avoir un meilleur angle de vue. Il peut aussi l’être à cause des gens que l’on essaie de photographier. Il m’est déjà arrivé à plusieurs reprises de me faire casser la figure ! Certaines célébrités, quand elles voient qu’on les prend en photo, peuvent avoir une réaction épidermique. Je pense notamment au chanteur Lenny Kravitz et à un certain monsieur de TF1 que je ne nommerai pas et qui m’a un jour chassé avec un flingue !

Certaines célébrités sont heureusement plus sympathiques, comme Jean-Paul Belmondo, Carla Bruni-Sarkozy ou Jean Dujardin. Si elles nous voient, elles ne réagissent pas de manière agressive. Et ça change tout ! Quand quelqu’un accepte de nous parler et nous explique posément pourquoi cela le dérange qu’on le photographie à tel moment et pour telles raisons, on peut le comprendre. Cela nous donne même envie d’être sympathiques en retour. Quand ils auront compris ça…

J’ai travaillé aux Etats-Unis et je peux vous assurer que là-bas les choses sont très différentes. Les gens se laissent photographier et ils ne frappent pas les photographes car c’est très très mal vu. D’ailleurs quand je racontais comment cela se passe chez nous, mes confrères américains me disaient : ‘Mais c’est la Russie chez vous !’.

Publicité
Planet : Comment appréhendez-vous le respect de la vie privée. Où se situe selon vous la limite à ne pas franchir ?Sébastien Valiela : C’est simple : pour moi, il n’y a pas de vie privée dans les lieux publics. Ce que je photographie dans les lieux publics, les gens qui sont autour de moi peuvent également le voir. Cela n’a donc rien de privé. Et puis, qui aujourd’hui peut prétendre avoir une vie privée ? Nous sommes fliqués de partout ! Au moment du procès qui nous opposait le magazine Closer et moi-même à Julie Gayet, j’ai été estomaqué de voir à quel point ma vie avait été fouillée par les enquêteurs. Les citoyens ordinaires n’ont pas de vie privée, alors comment voulez-vous que les personnalités publiques en aient une, qui plus est dans les lieux publics ?"

*Sébastien Valiela est l'auteut de Paparazzo, du scoop au secret d'Etat (éd. Michalon)

 

En vidéo sur le même thème : Julie Gayet parle de François Hollande