Selon "Les Echos", plusieurs incohérences ont été décelées dans des dossiers portant sur la création de cuves équipant les réacteurs nucléaires. Des anomalies qui dureraient depuis plus de cinquante ans.

Au total, 400 dossiers portant sur la fabrication de cuves pour des centrales nucléaires sont concernés par des "incohérences", indique Les Echos. Un scandale de plus pour le fleuron industriel français Areva, qui n’écarte pas que des "falsifications" soient à l’origine des "anomalies".

Selon le quotidien économique, des anomalies ont été identifiées dans la composition de l’acier de la cuve du réacteur EPR en cours de construction par EDF à Flamanville (Manche), et fabriquée dans l’usine Areva du Creusot (Saône-et-Loire). Cette usine est spécialisée "dans la production de grandes pièces moulées et forgées formant les composants des îlots nucléaires des centrales", indique Francetv Info.

"Ces irrégularités consistent en des incohérences, des modifications ou des omissions dans les dossiers de fabrication portant sur des paramètres de fabrication ou des résultats d'essais", a expliqué l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN),  dans une note d'information.

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Ségolène Royal se montre rassurante

Selon Areva, il n’est pas exclu que ces anomalies puissent venir de falsifications des données figurant sur les dossiers de suivi de fabrication des pièces. Toujours selon l’entreprise du nucléaire, des incohérences ont été décelées sur 400 pièces produites depuis 1965, sur quelque 10 000 dossiers audités. Une cinquantaine de pièces seraient en service dans le parc français, selon l'ASN.

Une première anomalie avait été détectée à Flamanville en 2015, provoquant l’ouverture d’un audit, qui va désormais être étendu à l’usine de Saint-Marcel (Saône-et-Loire), qui assemble les composants lourds équipant les réacteurs.

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Ce mercredi matin, le ministre de l’Environnement, Ségolène Royal, s’est montré rassurant, indiquant que les premiers résultats des tests menés par Areva sur son usine du Creusot étaient "bons", car ils montrent que les anomalies pointées par l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) concernent les documents et non les pièces elles-mêmes.

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