Sur un document des autorités américaines, Salim Benghalem est compté parmi les 10 personnes les plus dangereuses de l'Etat Islamique. Originaire de Cachan, l'homme est passé par la prison avant de partir faire le djihad.

Il a 33 ans, est originaire de Cachan (Val-de-Marne) et figure sur la liste noire des "Specially Designated Global Terrorists" établie par les Etats-Unis. Et pour cause, Salim Benghalem est considéré par les services américains comme l’un des bourreaux de l’État Islamique et fait l’objet depuis le mois de mai d’un mandat d’arrêt international émis par un juge anti-terroriste français selon les informations du Monde. Planet.fr revient sur le parcours de ce djihadiste.

De Cachan à la prison de Fresnes

Salim Benghalem a grandi à Cachan, petite ville du Val-de-Marne qui compte 28.000 âmes. Assez tôt, il quitte le système scolaire et verse dans la délinquance. "Vers 17 ans, le jeune homme ne va plus à l’école, et se tourne vers la drogue" indique Europe 1. Mais sa vie bascule en 2001.

Lire aussi : Assassinat d’Hervé Gourdel : pourquoi la décapitation ?

Avec un ami, il se rend le 22 juillet de cette année dans une cité de la ville. Les deux jeunes sont armés et font feu sur un véhicule dont le chauffeur, âgé de 24 ans, meurt dans ce règlement de comptes. Salim Benghalem est condamné en 2007 par la cour d’assises de Cachan à onze ans de prison pour tentative de meurtre. Son complice, Kamel G, est lui condamné pour meurtre. Salim Benghalem a alors 26 ans.

"Aucun discours particulièrement religieux"

Interrogé par Europe 1, son avocat de l’époque est catégorique : "Il n'avait aucun discours particulièrement religieux. Je n'ai pas ressenti de haine à l'égard de la société française ou d'une religion quelconque". Me Forster se dit même "stupéfait" par cette nouvelle qui envoie son ancien client faire le "bourreau" pour l’Etat Islamique. Salim Benghalem sort de prison en 2010. Depuis sa sortie, son parcours est difficile à déterminer.

Selon Le Monde, il est repéré par les services français après une garde à vue en juillet 2010 "dans le cadre d'une information judiciaire visant une association de malfaiteurs en vue de préparer des actes de terrorisme". Sorti au bout de deux jours, l’homme reste à Cachan jusqu’à l’année dernière avec femme et enfants. C’est à la prison de Fresnes qu’il se serait alors radicalisé indique le quotidien. Puis l'an dernier, l'homme disparaît des radars. 

"Pas de velléités de violence"

L’avocat de Salim Benghalem, cité par Metronews, décrit "un jeune qui voulait s'insérer socialement" et qui n’avait "pas du tout de velléités de violence". Me Forster est tellement surpris par ma radicalisation de son client qu’il en vient même à émettre l’hypothèse "d'une homonymie ou d'une usurpation d'identité tellement ce qu'on lui reproche est loin de la personne" qu’il a côtoyée.

Publicité
Pour l’heure, l’homme fait l’objet d’un mandat d’arrêt européen. Selon Le Monde, "toute personne qui lui procurerait une assistance matérielle ou l'aiderait dans ses projets pourront être poursuivies pour financement ou assistance à une entreprise terroriste".

 En vidéo sur le même thème : Les connaissances d'Hervé Gourdel bouleversées