Ils sont très organisés et parviennent très souvent à attirer l'attention des médias. Dernièrement, c'est grâce aux "rondes anti-racailles" que ce goupuscule d'extrême droite s'est offert une forte publicité. Mais qui sont ces jeunes militants unis sous la bannière identitaire ?

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Ils ont su plusieurs fois faire parler d’eux. Le coup le plus marquant reste sans conteste l’occupation du toit de la mosquée de Poitiers en octobre 2012. Ces derniers jours, ils sont parvenus encore une fois à attirer l’attention sur leur mouvement en menant une opération "anti-racaille" dans le métro parisien après avoir mené des actions similaires à Lille et Lyon. Visibles grâce à leurs blousons jaunes, les jeunes de Génération Identitaire maîtrisent parfaitement les ressorts de la com’ nouvelle génération.

"Chaque année, nous menons des campagnes thématiques comme celle de la mosquée de Poitiers, des tournées solidaires, le mariage gay et cette action 'anti-racaille' s’inscrit dans cette démarche" nous indique Damien Rieux, porte-parole du mouvement et accessoirement consultant en communication. Militant dans diverses formations identitaires depuis 2007, c’est lui qui s’occupe de la visibilité médiatique du groupe.

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Il est d’ailleurs satisfait de la couverture faite par la presse des rondes dans le métro. "Sur RMC, une majorité d’auditeurs ont salué notre action et 91% des téléspectateurs de M6 approuvent les tournées de sensibilisation" précise le jeune homme de 24 ans avant d’ajouter "nous avons même reçu des soutiens de la part de gens de l’UMP". À dire vrai, il ne s’agit pas d’un sondage comme vous pouvez le voir ici, ni réellement de 91% de téléspectateurs mais 78%. Mais qu’importe, l’impact médiatique recherché par le groupe est bien réel. Quant aux soutiens politiques, seul Gilbert Collard semble finalement avoir salué l’initiative des identitaires.

L’objectif du groupe d’extrême droite est de faire passer des idées à force d’actions. "Il y a dix ans, nous avions mis le sujet du racisme anti-blanc sur la table, maintenant on le retrouve par exemple dans la bouche de Copé" se félicite le porte-parole. Ce dernier en est convaincu, "tout le monde se sent concerné par l’insécurité" car "quand on prend les transports le soir, on a une chance sur dix d’avoir des avoir des emmerdes ou des rencontres désagréables". Le lien entre identité et délinquance ? "L’immigration. Il suffit de visiter une prison pour s’en rendre compte" soutient-il tout en se défendant de réduire les incivililtés à la question migratoire. "Il existe quand même des délinquants bien français hein ! Nous ce qu’on veut, c’est que les gens soient solidaires, c’est ça notre cause, la défense de l’identité" rectifie-t-il.   

Des "petits blancs aux origines modestes"

Décomplexée, la formation ne cache pas une certaine proximité avec le FN. "Beaucoup de nos militants votent FN et il est possible que nous menions des actions ensemble mais nous restons indépendants" indique Damien Rieux. Principalement, l’aide apportée par le parti frontiste se fait "en coulisse" et de façon "marginale" selon l'intéressé. Sociologiquement, le porte-parole décrit les militants comme étant des "petits blancs de banlieues aux origines modestes". "Nous ne sommes pas des fils ou des filles de bourgeois" insiste le jeune homme.

L’idée des descentes "dissuasives" dans le métro est inspirée des "gardian angels" new-yorkais. "Initiative qui était à l'époque soutenu par SOS Racisme !" soutient Damien Rieux sans que cette affirmation soit vérifiable autre part que parmi les sites de la "fachosphère". Par ailleurs, l'association SOS Racisme contactée par Planet.fr dément formellement cette affirmation.

"Dans le métro, c’est 50/50, on a eu toutes sortes de réactions. C’est clair que les gens n’allaient pas courir vers les caméras pour dire bravo, mais beaucoup sont contents. On a d’ailleurs reçu des demandes pour d’autres lignes depuis" soutient Damien Rieux qui concède également que "oui, certains râlent, mais ils appartiennent à la gauche ou l’extrême gauche". 

La méthode est rôdée chez Génération Identitaire. Il s'agit de mener des actions ciblées qui attireront les caméras d'où une certaine nécessité esthétique et l'utilisation de l'uniforme jaune pour être facilement identifiable. Les codes empruntés par le groupuscule s'inspirent des campagnes faites depuis les années 70 par les ONG (couleur, esthétique, coup médiatique etc.). Pour entretenir une image polissée, le porte-parole refuse que l'on fasse l'amalgame entre les identitaires et les autres groupes comme celui de Serge Ayoub dissout par Manuel Valls: "je ne vois pas de quoi vous parlez" tranche-t-il. Or, une brève recherche sur Google Images permet de se rendre compte que les poncifs de l'extrême droite (crânes rasés, veste Harrington, champ lexical paramilitaire etc.) se retrouvent également chez certains membres de Génération Identitaire.

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Sous couvert de "vigilance" ou autre de "signal d'alarmes", ces actions calibrées pour le grand public n'ont comme but exclusif de faire pénétrer des amalgames xénophobes au sein du tissu social. Si l'insécurité était la priorité première des militants du Bloc Identitaire, ce type d'opérations ne durerait pas quelques heures et celles-ci n'auraient pas concernées "deux ou trois lignes" sur les quatorze que compte le métro parisien. De la pure communication en somme.

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