A partir de ce lundi, les étrangers sans-papiers du centre de rétention administrative (CRA) seront jugés dans une annexe du tribunal de Meaux (Seine-et-Marne), à deux pas de l’aéroport de Roissy. Une mesure vivement critiquée par des associations de défense de droits de l’Homme.

Les étrangers sans-papiers du centre de rétention administrative (CRA) du Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne) seront désormais jugés au bord des pistes de l’aéroport de Roissy. En effet, à partir de ce lundi les clandestins ne seront plus jugés au tribunal de Meaux mais dans une annexe située à deux pas de l’aéroport d’où ils sont censés être expulsés. Pour justifier une telle décision les pouvoirs publics ont notamment fait valoir que cela éviterait à la Police aux frontière (PAF) et aux clandestins des transferts fastidieux jusqu’au TGI de Meaux qui se trouve à environ 30 km de l’aéroport. Mais alors que cette annexe se trouve dans la même enceinte que le CRA, plusieurs associations déplorent cette nouvelle mesure.

La légalité de ce tribunal remise en cause par des associations

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"On va juger loin de tout, loin de la cité, là où la publicité des débats n’existe pas de fait", a en effet regretté l’avocat et président du Groupe d’information et de soutien des immigrés (Gisti) Stéphane Maugendre. De leur côté, des associations comme la Ligue des droites de l’Homme, la Cimade et le Conseil national des barreaux se sont élevées contre cette "justice d’exception" et ont vivement dénoncé la légalité de ce tribunal. Elles se demandent notamment comment l’indépendance de la justice peut être préservée alors même que le tribunal annexe se trouve dans la même enceinte qu’un cantonnement de CRS. Plus que cette nouvelle mesure, les opposants s’élèvent contre l’ensemble du projet de "délocalisation" de la justice des étrangers aux abords de Roissy.

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