Le principal suspect de l’enlèvement du garçon de 4 ans a raconté aux enquêteurs les circonstances de l’enlèvement et son passé chaotique.

Le 15 août, le petit Rifki, 4 ans, était enlevé par un homme à Rennes avant d’être retrouvé 24 heures plus tard en gare de Libourne (Gironde), grâce à l’attention d’une femme qui avait vu l’alerte enlèvement du garçon.

La personne qui se trouvait à ses côté, Ahmed, considéré comme le principal suspect du rapt de l’enfant, a été mis en examen mardi soir pour "enlèvement, séquestration et agression sexuelle sur mineur de moins de quinze ans", a indiqué le parquet de Rennes dans un communiqué. Toujours selon le parquet, il faisait déjà "l’objet de poursuites pour des faits d'agression sexuelle au préjudice d'un mineur de quinze ans". L'intéressé devait d'ailleurs comparaître en janvier prochain pour ces faits.

Si l’enfant "n’a évoqué aucune violence de quelque nature qui aurait pu être commise par le mis en cause, qu’il appelle familièrement « tonton Ahmed »", comme l’indique ledit communiqué, l’avocate d’Ahmed, maître Emmanuelle Khan-Renault, a pour sa part déclaré que son client avait reconnu, dimanche, avoir eu des gestes déplacés à caractère sexuel avant le rapt de Rifki.

Un enlèvement aux circonstances confuses

Son avocate précise également qu’avec les enquêteurs "les discussions se sont faites à bâtons rompus même si (s)on client parle parfois créole [il est mahorais d'origine, NDLR] et à tendance à s'énerver". Le jeune homme de 25 ans a ensuite décrit son parcours : SDF, il est arrivé en métropole "il y a quelques mois" et à Rennes quelques jours avant le rapt. Sa vie précédente se déroule à quelque 10 000 kilomètres de là : à Mayotte, où il est né, puis à La Réunion, où il a longuement vécu. C'est d'ailleurs le Conseil général de l'île qui l'a envoyé dans le département breton pour suivre "une formation d'animateur". "Il n'a jamais trouvé la force de la suivre. Il ne sait ni lire ni écrire, il est déboussolé et déraciné", ajoute son avocate. 

L’homme traîne alors en ville jusqu’au jour où il rencontre l’oncle de Rifki, avec qui il sympathise, mais que ce dernier trouve déjà "bizarre". Ahmed suit alors l’oncle avec sa famille : "Il n'était pas prévu qu'Ahmed se joigne à nous. Il s'est finalement incrusté. Pendant notre séjour chez François [l'ami, NDLR], il m'a paru bizarre", a déclaré l’oncle à Ouest-France.

Samedi, alors que l’oncle part travailler, laissant Ahmed en compagnie de sa sœur, Rifki et un autre neveu, le suspect raconte aux enquêteurs qu’il est allé seul avec Rifki acheter des boissons… sans jamais revenir. Ahmed déclare ensuite confusément qu’il pensait prendre le TGV pour rejoindre l’oncle, qu’il supposait être à Paris, "dans une mosquée pour Comoriens". Mais pourquoi a-t-il alors pris un train Paris-Bordeaux ?

Une enfance chaotique

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Enfin, Ahmed a décrit aux enquêteurs son passé chaotique et de misère. Issu d'un milieu défavorisé, il dit avoir subi des sévices sexuels dans son enfance. Son père se serait par ailleurs servi de lui pour récupérer de la drogue dans le quartier. "Il est sujet à des crises d'épilepsie et de spasmophilie. Il semble ne jamais avoir trouvé de réponses médicales", observe son avocate avant d’ajouter : "Il est certes un peu déséquilibré mais je doute qu'il soit considéré comme irresponsable pénalement." 

Vidéo sur le même thème : Affaire Rifki, des faits d'agressions sexuelles la veille de l'enlèvement

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