Trois jours après le crash de l’A320 de Germanwings, la boîte noire retrouvée aurait livré ses premiers secrets. Des informations qui pourraient orienter les enquêteurs sur un problème dans le cockpit.

Alors que les familles des 150 victimes du crash de l’A320 de Germanwings ont commencé à arriver à Seyne-les-Alpes (Alpes-de-Haute-Provence) pour se recueillir sur les lieux du drame, les enquêteurs auraient fait une avancée considérable. L’étude de la boîte noire retrouvée dans les débris leur aurait en effet permis de comprendre que l’un des deux pilotes se serait retrouvé bloqué l’extérieur du cockpit quelques minutes avant le crash.  

C’est en tout cas ce qu’a révélé mercredi soir à l’AFP une source proche de l’enquête qui assure avoir eu accès aux enregistrements sonores contenus dans la boîte noire, confirmant ainsi les révélations faites quelques heures plus tôt par le New York Times. "Au début du vol, on entend l'équipage parler normalement, puis on entend le bruit d'un des sièges qui recule, une porte qui s'ouvre et se referme, des bruits indiquant qu'on retape à la porte et il n'y a plus de conversation à ce moment-là jusqu'au crash", aurait rapporté cette source. Des informations qui laissent supposer que l’un des hommes aux commandes de l’appareil serait sorti du cockpit quelques instants et qu’il aurait ensuite été empêché d’y retrouver.

La sécurité du cockpit en cause ?

Depuis les attentats du 11 septembre, la sécurité des cockpits a été considérablement renforcée. Aussi, lorsqu’un membre d’équipage souhaite entrer dans cette partie de l’appareil, il doit d’abord taper un code et demander l’autorisation aux pilotes. Ces derniers disposent par ailleurs d’une caméra leur permettant de voir qui souhaite les rejoindre. Si jamais les pilotes ne répondent pas, les membres d’équipages peuvent taper un autre code d’urgence qui déclenche une alarme de trente seconde dans le cockpit. Passé ce délai, si les pilotes n’ont toujours pas ouvert la porte, le code d’urgence permet aux membres d’équipage de le faire. Sauf si, au préalable, les pilotes ont manuellement actionné un verrou. Auquel cas, plus personne ne peut entrer dans le cockpit sans leur autorisation.

L’un des deux pilotes a-t-il fait un malaise ?

Et c’est apparemment ce qui se serait passé quelques minutes avant le crash de l’A320. On ignore encore qui du pilote ou du copilote est sorti du cockpit mais celui a ensuite été empêché d’y retourner. Alors que les minutes défilaient et que l’appareil avait entamé sa descente, on imagine bien que celui-ci a dû tenter tous les moyens qui étaient à sa disposition pour rejoindre les commandes de l’appareil. D’autant que, toujours d’après la source qui s’est confié à l’AFP, les enregistrements indiquent que les alarmes indiquant la proximité du sol ont retenti. Mais en vain. L’homme qui était à l’intérieur du cockpit a-t-il fait un malaise ? A-t-il volontairement actionné le verrou ou bien y-a-t-il eu un problème technique à ce niveau-là ? Autant de questions auxquelles les enquêteurs vont certainement tenter de répondre dans les jours à venir.

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Ne confirmant ni n’infirmant ces informations, le procureur de la République de Marseille, Brice Robin, en charge du dossier de ce crash, a simplement annoncé qu’il donnerait un point presse à 12h30 ce jeudi.

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