Alors que la surpopulation carcérale est de l’ordre de 14%, la France est lacunaire concernant la lutte contre la récidive. Le ministère de la Justice a récemment publié une étude qui permet de définir le profil des récidivistes "au sens large". A partir des 500.000 condamnations prononcées en 2004, 45% des condamnés ont récidivés majoritairement pour des vols, du recel ou encore des infractions routières.

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Le ministère de la Justice a récemment publié une enquête sur la récidive. Cette dernière s’appuie sur les 500.000 condamnations prononcées en 2004 et prend en compte la récidive au sens large : c’est-à-dire dans une période de huit ans ( tandis que la récidive légale au correctionnel est de cinq ans).

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Plus de 4 condamnés sur 10 ont récidivé

L’étude révèle que parmi l’ensemble des condamnés au correctionnel en 2004, 45% d’entre eux ont récidivés dans les huit années qui ont suivies. Plus inquiétant encore, 25% des préjudiciables en 2004 ont récidivés dès la première année après leur condamnation.

Un phénomène qui remet en cause le fonctionnement de la justice française : les réponses aux infractions sont-elles ainsi adaptées pour prévenir la récidive ?

Un problème de réinsertion et d’accompagnement ou de doctrine ?

Parmi les récidivistes, le risque est multiplié par 2,5 pour les 15-25 ans. Si les infractions routière (défaut d’assurance, conduite alcoolisée, conduite sans permis) représentent pas moins de 43% des condamnations en 2004. Les condamnés de la route sont, quant à eux, 7% à avoir récidivés entre 2004 et 2011.

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La question d’une réforme de la justice se pose de manière urgente, à la vue de cette étude. Et pour cause, les réponses apportées semblent ne pas être capables d’endiguer la récidive de manière significative. Tandis que la Garde des Sceaux, Christiane Taubira, a voulu commencer une réforme en supprimant les peines plancher, ce fut un échec face à la désapprobation du ministère de l’Intérieur de l’époque, Manuel Valls. Ces dernières, favorisées à partir de 2007, ne sont pas prises en compte par l’étude. A fortiori, l’étude révèle que le phénomène de récidive est stable. Devons-nous attendre une hausse importante de la récidive dans les prochains rapports ? Réponse dans un an.

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