L'homme d'affaires algérien affirme avoir déjà payé 1169 amendes de femmes portant le voile intégral en France. Le gouvernement réfléchit à neutraliser son action militante.

Certains ont pu le découvrir lors de l'émission "Dossier tabou" (M6) de Bernard de La Villardière au sujet de l'islam en France. Mais son nom revient régulièrement dans l'actualité. Lui, c'est Rachid Nekkaz, l'homme qui paye les amendes des femmes verbalisées pour port d'un voile intégral.

Comme l'indique Le Figaro, mardi dernier encore, il se trouvait à la trésorie Saint-Sulpice à Paris pour payer l'amende d'une femme en burqa. Dans le reportage de M6, on pouvait le voir remettre à une femme verbalisée une enveloppe contenant des billets pour payer sa contravention. Pour rappel, porter un voile intégral est interdit en France sous peine d'une amende de 150 euros. "Je suis très fier, en tant qu'Algérien, de donner une leçon de démocratie et de respect des libertés individuelles au pays des droits de l'Homme", fanfaronnait-il dans le reportage.

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Il a renoncé à sa nationalité française

Pourtant, Rachid Nekkaz n'a pas toujours était Algérien. Jusqu'en 2013, celui qui est né dans le Val-de-Marne en 1972 avait encore la nationalité française, à laquelle il a renoncé suite à une mise en garde à vue. "Je suis extrêmement fier d'avoir abandonné ma nationalité", déclairait-il alors, fustigeant le "régime vichyste" qu'est devenu la France.

Une fortune issue de la bulle d'Internet

Depuis cette date, l'homme met toute sa fortune au service des musulmans qu'il estime persécutés dans notre pays. Sa fortune, il l'a doit à la bulle d'Internet et a ses investissements dans l'immobilier : l'homme possède plus de 1 000 appartements en France et investit tout son argent aux Etats-Unis. Dans les années 1990, celui-ci était alors présenté comme un "modèle d'intégration".

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Un rapide passage en politique

Après les émeutes de 2005 dans les banlieues, Rachid Nekkaz a créé le collectif "Banlieues respect" pour agir sur les quartiers difficiles. Il s'est ensuite lancé en politique, se présentant à diverses élections, sans grand succès. Un peu dégoûté de la politique, l'homme a décidé de poursuivre son combat dans la cause militante, jamais très loin de la religion musulmane.

Il paye les amendes partout en Europe

C'est ainsi qu'en 2011, il prête 500 000 euros pour acheter un terrain et sauver une mosquée à Gennevilliers. L'année précédente, il avait acheté un terrain de 16 hectares en Auverge pour l'offrir à des Roms en guise de cadeau de Noël. Mais c'est son combat contre l'interdiction de la loi anti-burqa qui l'occupe tout particulièrement. L'homme d'affaires revendique d'avoir payé à ce jour 1169 amendes en France et 270 en Belgique, 2 en Hollande et une en Suisse. Il est désormais en alerte sur de possibles plaignantes en Bulgarie, qui vient de voter une loi anti-burqa. "À chaque fois qu'un pays voudra interdire la burqa dans l'espace public, il me trouvera sur son chemin", a menacé le millionnaire algérien, contacté par le Figaro.

Bernard Cazeneuve veut le faire taire

Mais son militantisme est dénoncé par de nombreux politiques, Nadine Morano en tête. Le ministre de l'Intérieur a déposé un amendement au projet de loi Égalité et citoyenneté pour interdire le paiement d'une amende par un tiers. Mais en pratique, cela empêchera simplement Rachid Nekkaz de dire publiquement qu'il paye une amende d'une femme voilée, pas de les payer sous le manteau. "Ils veulent faire de moi un prisonnier politique, tant mieux, ça va me faire de la pub et ça va ridiculiser la France", nargue l'homme d'affaires alégérien.

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