Son visage ne vous disait peut-être rien il y a encore quelques mois. Mais depuis les attentats de Paris, François Molins est devenu un personnage récurrent, voire rassurant pour les Français.

François Molins, le procureur de la République de Paris, est omniprésent dans les médias depuis les attentats qui ont endeuillé la capitale le 13 novembre dernier. Pourtant, cela fait de nombreuses années déjà qu'il est la voix des attaques de ce type. En effet, de Mohamed Merah à Charlie Hebdo, en passant par la tuerie du musée juif de Bruxelles, l’attaque du Thalys ou encore l’attentat avorté de Sid Ahmed Ghlam à Villejuif, l’homme de 62 ans est régulièrement amené à faire le récit des actes terroristes. Sa présence à la télévision n’est donc que rarement annonciatrice de bonnes nouvelles.

 

François Molins est avant tout décrit par ses collègues comme un très grand professionnel. "En matière de délinquance, de crime organisé, de grand banditisme et de terrorisme, il est incontestablement celui qui m'a été le plus précieux", a expliqué à Francetv info l’ancien procureur général Jean-Louis Nadal. Sa discrétion est également souvent évoquée. "C'est vrai qu'il est assez réservé, ce n'est pas un mondain", a assuré au même média Matthieu Bonduelle, l'ex-président du Syndicat de la magistrature.

Un portrait plutôt élogieux bien que cela n’a pas toujours été le cas. En 2005, alors procureur de Bobigny, il a été pointé comme l’un des responsables des émeutes en banlieue. En cause : il a mis huit jours à ouvrir une enquête suite à la mort de Zyed et Bouna dans un transformateur EDF. Ses détracteurs l’avaient alors accusé d’avoir été bien trop lent à réagir.

François Molins semble faire l'unanimité

Après ces évènements, le procureur est devenu en 2009 le directeur de cabinet de l’ancienne garde des Sceaux, Michèle Alliot-Marie. En novembre 2011, il a finalement été nommé à la tête du parquet de Paris. Une nomination qui a fait scandale. Plusieurs politiques se sont notamment insurgés de voir un prétendu proche de Nicolas Sarkozy accéder au plus grand parquet de France. "J'étais assez réservé à son sujet. Il ne venait pas de nulle part, c'était quelqu'un de très politique, plus ou moins nommé par Nicolas Sarkozy. Mais je pense qu'il est vraiment indépendant", a depuis assuré un magistrat à Francetv info.

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Puis la gauche est arrivée au pouvoir. François Molins aurait pu perdre son poste mais que nenni. Avec la montée en puissance du risque terroriste, les talents du procureur se sont révélés indispensables. Fait rare, il fait l'unanimité à droite comme à gauche. Johan Hufnagel, le numéro 2 de Libération, un journal classé à gauche, a même écrit un billet intitulé "Monsieur le procureur François Molins, je vous aime".

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