Une Lorientaise de 31 ans, fille de gendarme, est aujourd’hui une personnalité très active dans la communauté djihadiste. Les Etats-Unis viennent de la placer sur leur liste noire.

Les Etats-Unis ont ajouté mardi trois noms français à leur liste noire des "combattants terroristes étrangers". Parmi ces trois noms, celui d’Emilie König, une Bretonne de 31 ans, qui joue un rôle important auprès de l’Etat islamique.

"C'est une personnalité dans la communauté djihadiste, elle est très active sur les réseaux sociaux, sert à la propagande et au recrutement de volontaires" a confié mardi soir un responsable de la lutte anti-terroriste, indique BFMtv.

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De la "gentille fille coquette" à la femme radicalisée

La jeune femme est née en 1984 à Lorient, d’un père gendarme, dernière d’une famille de quatre enfants. Emilie König suit une scolarité normale et obtient un CAP de vendeuse en alternance. Une ancienne collègue se souvient d’une adolescente "joyeuse, heureuse de vivre, une gentille fille coquette", rapporte Ouest-France.

Décrite comme fragile psychologiquement, Emilie König sombre dans la drogue. C’est au contact de son premier mari, Algérien d’origine, et emprisonné pour trafic de drogue, qu’elle se convertie à l’islam. Elle apprend l’arabe, se fait par la suite appeler "Samra", et se voile entièrement. Sa radicalisation continue au contact du groupe islamiste nantais, Forsane Alizza.

"Le djihad ne cessera pas" 

C’est en 2010 que la femme se fait repérer à la mosquée de Lorient où, vêtue d’un niqab, elle distribue des tracts appelant au djihad. En 2012, elle est convoquée au tribunal de Lorient et se présente en niqab, qu’elle refuse d’enlever, provocant une altercation avec un vigile. Elle filme alors la scène, puis la poste sur Youtube, criant à la discrimination.

La même année, après la dissolution du groupe Forsane Alizza, elle ouvre plusieurs pages Facebook appelant à la guerre sainte. Suite à quoi, elle quitte la France, laissant ses deux enfants, pour rejoindre son mari parti en Syrie afin de rejoindre le groupe qui allait devenir l’Etat islamique.

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Sur place, Emilie König dite "Samra" ne prend pas part aux combats mais et très active sur les réseaux sociaux où elle appelle à commettre des attentats sur le sol français. Dans une vidéo postée l'été 2013, elle adresse un message à ses enfants restés en France : "N'oubliez pas que vous êtes musulmans, lance-t-elle à ses fils, confiés à leur grand-mèreLe djihad ne cessera pas aussi longtemps qu'il y aura des ennemis à combattre."

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