Tendre un bras vers le sol, l'autre en travers de la poitrine... En France, "la quenelle" fait actuellement polémique. Retour sur les origines de ce geste initié par Dieudonné.

© AFP

Pour certains la "quenelle" est un geste anti-système, pour d'autres un geste antisémite. Samedi dernier, lors d'un match de football du championnat anglais, Nicolas Anelka a célébré un but avec une "quenelle". Aussitôt, les médias français ont diffusé l'information. Et le joueur a ensuite indiqué sur son compte Twitter qu'il n'était pas raciste et a justifié son geste comme "une dédicace à (son) ami humoriste Dieudonne". De son côté, la Fédération professionnelle de football anglaise a décidé d'ouvrir une enquête. Si cette célébration venait à être considérée comme "insultante", le footballeur pourrait être suspendu durant cinq matchs.

La "quenelle" est un geste initié par l'humoriste controversé Dieudonné. Sa première apparition remonte à un sketch datant de 2005. "Il va nous la foutre jusque là", avait dit l'humoriste lors du spectacle avant d'esquisser sa première "quenelle" filmée. Quelques secondes auparavant, Dieudonné faisait référence à "des cons" puis enchaînait sur le "sioniste, (...) l'imposteur".

"Shoah nanas"

Quatre ans plus tard, Dieudonné s'est présenté aux élections européennes. L'humoriste conduisait une liste dans la circonscription Ile-de-France qu'il a appellée "Liste antisioniste". Sur ses affiches de campagne Dieudonné effectuait une quenelle. "Pour une Europe libérée de la censure du communautarisme des spéculateurs et de l'OTAN", dénonçait cette affiche. Dieudonné expliquait alors, au cours d'une conférence de presse, qu'il souhaitait "glisser une petite quenelle dans le fond du fion du sionisme".

Si le geste fait polémique, c'est parce qu'il est initié par un homme que beaucoup considèrent comme antisémite. De plus, ce geste est pour le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) "un salut nazi".  L'amalgane, s'il existe, est alors lancé. Le 27 novembre 2013, Dieudonné M'Bala M'Bala a d'ailleurs été condamné par la justice française à 20 000 euros d'amende pour provocation à la haine. Notamment pour une parodie d'Annie Cordy, dans laquelle il remplace "Chaud cacao" en "Shoah nanas".

Valls veut faire interdire ses spectacles

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Dieudonné, qui est donc l'instigateur de la "quenelle", est également à l'origine de nombreuses polémiques. Récemment, lors d'une de ses représentations au théâtre de la Main d'or (Paris), l'humoriste s'est attaqué au journaliste Patrick Cohen : "Quand je l'entends parler, je me dis, tu vois, les chambres à gaz... Dommage". Depuis la diffusion de l'extrait de ce sketch filmé en caméra cachée par les équipes de France Télévision, Manuel Valls étudie "toutes les voies juridiques" pour interdire ces spectacles que le ministre de l'Intérieur qualifie de "réunions publiques". Pour une fois, la gauche et la droite s'accordent. "Soutien total à la décision de M. Valls. Assez de ce silence convenu devant l'antisémitisme de Dieudonné", a posté sur un réseau social le président de l'UMP Jean-François Copé.

Manuel Valls: Dieudonné est un "petit entrepreneur de la haine"

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