L’agresseur des policiers de Joué-lès-Tours, abattu samedi en Indre-et-Loire, se serait radicalisé avant de passer à l’acte.

Après l'attaque à l’arme blanche de trois policiers à Joué-lès-Tours en Indre-et-Loire samedi, on en sait un peu plus sur l’identité de l’agresseur présumé. Il s'agit de Bertrand Nzohabonayo, un jeune homme âgé de 20 ans qui se faisait appelé Bilal depuis sa conversion à l'Islam. Selon les premières informations de l’AFP, celui-ci serait né au Burundi en 1994. Il avait rejoint Joué-lès-Tours après avoir séjourné quelques années dans la capitale.

De la petite délinquance à l'aggression de policiers

Décrit comme athlétique, Bertrand Nzohabonayo était connu des services de polices pour des actes de petite délinquance : trafic de stupéfiants, extorsion, vol à l’étalage et recel. "Il n’était pas fiché pour des activités à caractère terroriste", a indiqué à ce titre le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, à la sortie de son déplacement au commissariat de Joué-lès-Tours samedi. Ses parents séparés, le jeune homme "naviguait entre les membres de sa famille", a expliqué Jean-Luc Boeck, le procureur de la République de Tours.

Converti il y a quatre ans après avoir quitté le lycée professionnel, Bertrand avait changé son prénom pour "Bilal". Le locataire de la place Beauvau rappelait dimanche sur TF1 que "son frère s’était radicalisé mais le jeune Bertrand n’était pas connu autrement que pour des fait de délinquance". Décrit comme étant "un personnage très mystérieux, très déstabilisé" par Bernard Cazeneuve, Bertrand Nzohabonayo avait néanmoins "manifesté sa radicalisation" il y a peu, en affichant un étendard de l’organisation État islamique (EI) sur son compte Facebook.

Loup solitaire ou membre d'un réseau ?

Le jeune homme se serait radicalisé grâce à l’entremise de sites internet djihadistes. Sur les réseaux sociaux, Bertrand Nzohabonayo apparaissait souriant, le collier de barbe bien fourni mais sans moustache apparente. Plusieurs textes et slogans inspirés de l’Islamisme radical ont été publiés sur son compte Facebook, rapporte l’AFP, mais celui-ci a été fermé depuis. Si aucune piste n’est à exclure pour le moment, celle de l'attentat est privilégiée par le parquet anti-terroriste.

L’objectif étant pour eux est de savoir si Bertrand Nzohabonayo a agit seul ou s’il avait participé à une action organisée par l’organisation de l’EI, laquelle encourage régulièrement à s’en prendre aux "infidèles", qu’ils soient militaires, policiers ou bien civils. "C’est clair que quand il y a un individu qui attaque un commissariat, en criant ‘Allahou Akbar’, il y a de quoi se poser la question de savoir s’il a agi seul ou s’il agi sur ordre", a déclaré le procureur de la République de Tours.

Joué-lès-Tours sous le choc

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À Joué-lès-Tours, on est encore sous le coup de l’agression. "C’est un véritable choc pour l’ensemble des habitants", a témoigné Grédéric Augis, le maire UMP de la commune de 36 000 habitants. "C’est un acte isolé dans une ville paisible", a-t-il poursuivi soulignant que c’était "un symbole de la République" qui avait été touché.

Vidéo sur le même thème - Cazeneuve sur l'attaque de Jouè-les-Tours : "Le personnage semblait très déstabilisé" 

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