La "police des polices" a perquisitionné ce jeudi le 36 Quai des Orfèvres (Paris) afin de d'élucider une disparition de drogue saisie auparavant. Et ce n’est pas la première fois que des policiers sont ainsi suspectés.

Lorsque la police ressemble trop à celle décrite dans les films d’Olivier Marchal, les "bœufs carottes" débarquent et mettent les "ripoux" au "placard". Depuis que la mise en place d’une plus grande transparence a été décidée au sommet de l’Etat, il est arrivé à plusieurs reprises que des têtes tombent chez les fonctionnaires.

Quand le 36 Quai des Orfèvres est surveillé par la police des polices

Le siège de la Police judiciaire de Paris fait beaucoup parler de lui ces temps-ci. Après une affaire de viol présumé dans les locaux des policiers parisiens, l’inspection générale des services (IGPN) a perquisitionné le "36" afin de faire la lumière sur la disparition de 50 kg de cocaïne qui avait été saisie. Une telle quantité représente plusieurs millions d’euros. Pour le moment aucune interpellation n’a été réalisée. Néanmoins la Préfecture de police de Paris a déclaré dans un communiqué que des "sanctions très fermes seront immédiatement prises".

Michel Neyret, le flic à l’ancienne 

Désormais interdit de séjour dans le département du Rhône, Michel Neyret a pourtant été le directeur adjoint vedette de la police judiciaire de Lyon. Arrêté en septembre 2011, l’ex-divisionnaire est toujours en examen pour corruption et trafic d’influence et de stupéfiants. Flic de choc aux méthodes à l’ancienne, Michel Neyret a décrit au Monde son mode de fonctionnement : "pour infiltrer le milieu, pour mettre en confiance des tontons et obtenir des renseignements de première main, il a fallu se mouiller". Révoqué par Manuel Valls, "l’ex-grand flic" vit désormais en Isère comme le lui impose la justice. Auparavant, il a passé huit mois en détention préventive.

Descente aux enfers de la Bac Nord Marseille

Cette affaire avait mis en exergue les dérives d’un système. Placés en examen le 2 octobre 2012 pour vol et d’extorsion en bande organisée aux dépens de dealers et écroués, des policiers de la Bac Nord de Marseille n’ont jamais vraiment accepté d’être considérés comme des truands. Pourtant, comme l’un d’entre-deux l’a admis à l’AFP, "l’application stricto-sensu de la procédure" n’a pas toujours été respectée car elle aurait "neutralisé l’activité de tout l’équipage". "Il fallait forcément qu’on flirte avec les lignes", explique encore le "baqueux" à l'agence de presse. S’il n’y a pas eu d’enrichissement personnel dans cet affaire, l’IGPN a constaté des "faits de récupération, lors de contrôles, de cigarettes et stupéfiants, des produits ensuite détruits ou remis à des 'indics' ". La Bac Nord marseillaise a depuis été dissoute par Manuel Valls.

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Pour certains policiers, une enquête dans le monde des voyous implique de se fondre dans le milieu afin de pouvoir, à terme, frapper le crime organisé à la tête. Pour l’administration, au contraire, les procédures doivent être scrupuleusement respectées et les mêmes résultats sont attendus. S’il y a désaccords entre les points de vue, à la fin c’est l’administration qui gagne.

> Vidéo sur le même thème : perquisition au 36 quai des Orfèvres : mais où sont passés les 50 kilos de cocaïne ?

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