Un nouveau rapport parlementaire préconise de sanctionner les clients faisant appel aux services de prostituées. Une mesure destinée à dissuader les réseaux de proxénétisme, mais qui est loin de faire l’unanimité parmi les travailleuses du sexe.

L’idée avait déjà été soumise il y a deux ans, elle refait aujourd’hui son apparition. Un rapport parlementaire propose de sanctionner les clients des prostituées. Ce sont les députés de la délégation aux droits des femmes qui ont adopté ce texte, et espèrent le voir se transformer en loi. Il prévoit une première amende de 1500 euros pour le client, et 7500 euros d’amende et six mois de prison en cas de récidive. Il pourrait également se voir dans l’obligation d’effectuer « un stage de sensibilisation aux conditions d'exercice de la prostitution ».

Dissuader les réseaux de proxénétismeIl s’agit ici de sanctionner « le fait de solliciter, d'accepter ou d'obtenir des relations de nature sexuelle d'une personne qui se livre à la prostitution, y compris de façon occasionnelle, en échange d'une rémunération ou d'une promesse de rémunération » explique la députée PS Maud Olivier. L’objectif est également de dissuader « les réseaux de proxénétisme et de traite », mais aussi de protéger les prostituées des « situations de violence » dans lesquelles elles se retrouvent parfois.

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Les prostituées dans la rueMais cette proposition est loin de faire l’unanimité, y compris parmi les travailleuses du sexe qui estiment que pénaliser le client aboutira à une dégradation de leur situation en les rendant plus vulnérable. Des associations de prostituées ont déjà fait part de leur opposition à cette mesure. Une cinquantaine de personnes se sont ainsi rassemblées mardi après-midi devant l’Assemblée nationale.

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