C’est un grand jour pour Dominique Strauss-Kahn : ce mardi, l’ancien patron du FMI va comparaître devant le tribunal de Lille. L’occasion pour lui de s’expliquer sur les faits de proxénétisme aggravés qui lui sont reprochés dans l’affaire du Carlton.

A partir de ce mardi et pendant trois jours, Dominique Strauss-Kahn va comparaître au tribunal de Lille. Soupçonné de proxénétisme aggravé aux côtés de 13 aux prévenus dans l’affaire dite du Carlton, il va ainsi pouvoir livrer sa version des faits. Selon les premiers éléments, tout porte à croire que DSK va continuer de nier les faits qui lui sont reprochés. Niant tout fondement de cette accusation, l’ancien époux d’Anne Sinclair a toujours assuré qu’il ignorait que les femmes qu’il fréquentait lors de parties fines étaient des prostituées. Ce serait d’ailleurs lui qui, en 2011, aurait demandé à être entendu par les juges. Son objectif : faire cesser "les insinuations malveillantes" qui avaient commencé à circuler au sujet de son prétendu rôle dans un réseau de recrutement de prostituées pour animer des "soirées privées".

La version de DSK contre celles d’anciennes prostituées

Cette semaine, DSK devra d’ailleurs confronter sa version des faits à celles d’anciennes prostituées ayant pris part à ces parties fines. Constituées partie civile, la plupart ont déjà été appelées à témoigner. Jade, Mounia, Marion et Estelle ont remis en doute la version d’un "homme naïf" mise en avant par celui que son cercle d’amis surnommait "le roi de la fête". Et toutes jurent qu'il ne "pouvait pas ignorer". Lors de leurs auditions, elles ont également décrit des séances de "boucherie" et de "carnage".

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Ses avocats dénoncent un "acharnement" des juges

Outre, le fait que leur client ignorait le statut de "professionnelles" des femmes avec qui il prenait du bon temps, les avocats de DSK auraient également l’intention de dénoncer "l’acharnement des juges". Selon eux, la motivation de ces derniers serait "idéologique, politique et morale". Une requête en nullité devrait même être déposée par l'avocat de Jean-Christophe Lagarde, un des 14 prévenus, se basant sur une enquête officieuse qui aurait débuté bien avant celle ouverte en février 2011.

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Agé de 65 ans, DSK dispose désormais de trois jours pour tenter de se disculper. Il encourt 10 ans de prison et 1,5 million d’euros d’amende. Cette affaire a éclaté en 2011, dans le sillage de l’affaire dite du Sofitel de New York et dans laquelle une femme de chambre, Nafissatou Diallo, accusait DSK d’avoir sexuellement abusé d’elle.

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L’avocat de Nafissatou Diallo a commenté le procès

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"L'histoire a montré quel type d'homme est DSK. Le pouvoir et l'argent ne devraient pas protéger DSK de la loi, et les mauvais traitements des femmes par DSK ne devraient pas être tolérés", a commenté l’avocat de l’ex-employée du Sofitel, Douglas Wigdor, dans un communiqué. "Je suis rassuré qu'il doive finalement rendre des comptes de ses actions en France. Malheureusement, cela n'a pas été le cas à New York, en dépit des preuves physiques solides et incontestées, et du témoignage invariable de Mme Diallo", a-t-il ajouté.

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