Cette semaine, au tribunal correctionnel de Lille, s'ouvre le procès du Carlton, mettant en scène Dominique Strauss-Kahn et 13 autres prévenus. Retour sur cette affaire de proxénétisme.

Ce lundi 2 février débute le procès du Carlton au tribunal correctionnel de Lille. Pendant trois semaines, 14 personnes seront jugées pour proxénétisme aggravé, dont Dominique Strauss-Kahn. Les juges reprochent à l'ex-président du Fonds Monétaire International (FMI) d'avoir participé à un réseau de prostitution mis en place par des connaissances dans le Nord de la France. Une accusation qu'il n'a cessé de réfuter.

DSK face à la justice

Après l'affaire du Sofitel de New York, Dominique Strauss-Kahn se retrouve une nouvelle fois face à la justice. L'affaire dite du Carlton de Lille remonte à 2011 et met en accusation 14 personnes. L'enquête avait révélé que l'ex-patron du FMI participait à des parties fines. Alors qu'il avait bénéficié, à la demande du parquet, d'un non-lieu en juin 2013, les juges d'instruction ont renvoyé l'affaire au tribunal correctionnel de Lille. D'après eux, DSK ne pouvait ignorer que que les femmes qu'on lui présentait lors des soirées étaient des prostituées rémunérées. Dans l'ordonnance de renvoi, les juges estiment que les hautes fonctions exercées par l'ancien ministre socialiste nécessitent "un certain sens du discernement et de la clairvoyance". Une déclaration qui doute de la prétendue naïveté de l'accusé.

Les prostituées engagées par ses amis du nord, ou "fournies" par Dodo la Saumure, propriétaire de maisons closes en Belgique, affirment elles aussi que le prévenu ne pouvait ignorer leur statut. Jade, Mounia, Marion et Estelle jurent toutes qu'il ne "pouvait pas ignorer". Lors de leurs auditions, elles ont également décrit des séances de "boucherie" et de "carnage".

Adepte du libertinage, pas des prostituées

L'ex-patron du FMI ne nie pas les soirées de libertinage. Dans un hors-série paru le 21 janvier, La Voix du Nord explique qu'il "ne nie pas un instant la frivolité de sa vie. Il est libertin, l'assume, l'explique". Or, ce type de soirées est légal. Seule la rémunération des femmes rendrait l'activité contraire à la loi. DSK le répète "je n'en savais rien. Chacun vient accompagné dans ces soirées. Accompagné comme il veut, par qui il veut". En plus de cette ligne de défense, les avocats dénoncent un "acharnement des juges". Pour eux, la motivation serait "idéologique, politique, morale". Une requête en nullité va être déposée par l'avocat de Jean-Christophe Lagarde, un des 14 prévenus, se basant sur une enquête officieuse qui aurait débuté bien avant celle ouverte en février 2011. Canal + consacre par ailleurs ce lundi une émission d'investigation démontrant que le Premier ministre de l'époque, François Fillon, avait autorisé des écoutes administratives.

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L'affaire mettant en scène DSK ainsi que divers personnalités telles que David Roquet, ancien patron d'une filiale d'Eiffage ou encore René Kojfer, chargé des relations publiques du Carlton, devrait être éclaircie lors de ces trois prochaines semaines. Dominique Strauss-Kahn encourt jusqu'à 10 ans de prison et 1,5 million d'euros d'amende. Le parquet pourrait cependant demander sa relaxe.

Vidéo sur le même thème - Les protagonistes de l'affaire du Carlton de Lille  

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