Le procès des parents de Tiphaine se poursuit aux Assises du Nord. Deux jours après son ouverture, les experts psychiatriques ont présenté leurs rapports et la mère de la fillette de 5 ans, retrouvée morte en 2009, a livré des explications sur les circonstances de son décès. Le point avec Planet.fr.

"Je voulais lui faire mal". Au deuxième jour de son procès, Anne-Sophie Faucheur, la mère de Tiphaine accusée d’homicide volontaire, a donné des détails sur la relation très difficile qu’elle entretenait avec sa fillette de 5 ans. Devant la cour d’assises du Nord, la jeune femme de 26 ans est en effet revenue sur les sévices qu’elle a infligés à son enfant, retrouvée morte en juin 2009. "Je pensais que c’était elle qui me provoquait", a-t-elle ainsi expliqué à la barre avant d’ajouter que les privations de repas, les punitions, "les fessées, les gifles et les coups de ceinture sur les fesses" faisaient partie du quotidien de l’enfant. "Ca commence pour rien, je ne sais même plus pourquoi ça a commencé. Parfois, elle avait le regard dur, j’étais persuadée qu’elle me regardait méchamment (…) Je n’avais pas l’impression d’être sa mère, il n’y avait pas de lien", a tenté de justifier Anne-Sophie Faucheur.

"Tout était prétexte à la frapper"Elevée par sa famille paternelle jusqu’en janvier 2009, Tiphaine a ensuite retrouvé sa mère. "J'avais idéalisé nos retrouvailles, je ne me suis pas dit qu'elle pouvait être perturbée. Je pense que j'attendais beaucoup de choses, je perdais pied. A partir de février, je commence à être autoritaire, dure", s’est défendue l'accusée, disant se rendre compte de "la monstruosité de (s)es actes". Impassible dans le box des accusés, son ancien concubin, Nicolas Willot a, lui, déclaré : "La situation s'est vite aggravée, Typhaine était une enfant timide et renfermée, jamais heureuse quoi qu'on fasse, cette attitude a agacé Anne-Sophie. Elle la frappait quand elle était en colère, tout était prétexte à la frapper".

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"Un râle" avant de s’effondrerLe soir de sa mort - fixé au 10 ou au 11 juin –la petite fille "n’arrivait pas à dormir et marchait dans la chambre", ce qui a "exaspéré" sa mère. Cette dernière a rapporté lui avoir donné "une série de coups". Admettant que "ça a été très fort", elle a poursuivi : "Puis, j'ai été mettre une paire de baskets et je l'ai frappée au niveau du ventre. Elle est au sol, elle a du mal à marcher. Je ne me souviens plus, mais elle doit pleurer". Alors que plusieurs membres de la famille paternelle de la jeune victime ont préféré sortir de la salle, sous le choc, Nicolas Willot a pris le relais de son ex-compagne pour raconter le déroulement des faits. Il a ainsi expliqué l’avoir "maintenue par les aisselles pendant qu'Anne-Sophie lui porte des coups pour pas qu'elle tombe par terre". Les deux accusés ont fini par déclarer que les coups ont été suivis d'une "longue douche froide" pour "calmer" Typhaine, qui a ensuite émis "un râle" avant de s'effondrer dans le bac de douche.

Un enlèvement fictif"J'ai essayé de la ranimer, j'ai pas su", lâche Nicolas Willot, pompier volontaire, qui par "peur de la prison" et de "perdre les autres enfants" - Caroline et Apolline -  a décidé de dissimuler le corps de Typhaine à la cave, nu, sur un sac plastique. Le cadavre de petite fille est resté pendant près d’une semaine dans la cave du domicile familial, avant d’être enterré dans la forêt. Anne-Sophie Faucheur et son compagnon Nicolas Willot ont dissimulé ce décès pendant près de six mois derrière un enlèvement fictif, donnant en public l'image de parents éplorés, avant de finalement avouer en garde à vue. Ils encourent tous les deux la prison à perpétuité.

L’avis des experts Interrogé mardi par visioconférence, le Docteur Roland Coutanceau, expert psychiatrique a estimé que la mère de Typhaine "comprend que les coups ont peut-être tué l'enfant", mais a conclu qu'il n'y avait pas "une volonté d'homicide consciente, claire, affirmée" chez elle. Un autre expert, le Docteur Ameziane Ait-Menguellet a, quant à lui, souligné qu’Anne-Sophie Faucheur avait paru "moins perturbée" par la mort de sa fille que par la "honte" d'avoir menti. 

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