Au lendemain de l'ouverture du procès de Dieter Krombach, condamné en première instance pour le meurtre de sa belle-fille, André Bamberski a pris la décision de se séparer de ses avocats.

Coup de théâtre. Le père de Kalinka Bamberski, André a pris la décision de se séparer de ses avocats ce mercredi. Au deuxième jour du procès de Dieter Krombach, l'ancien expert-comptable de 75 ans souhaite poursuivre seul le combat qui l'anime depuis trente ans. Convaincu que la mort mystérieuse de sa fille de 14 ans en 1982 est le fait de Dieter Krombach, il n'a cessé de se battre pour faire reconnaître la culpabilité du médecin allemand.

Alors que la justice allemande chargée d'enquêter sur cette affaire a toujours estimé que les charges n'étaient pas suffisantes pour poursuivre Dieter Krombach, André Bamberski a pourtant réussi à faire juger l'affaire en France. En 1995, la justice française a d'ailleurs reconnu, en son absence, le médecin allemand coupable d'avoir tué sa belle-fille, Kalinka. La justice allemande refusant ensuite de livrer ce dernier, le père de l'adolescente a décidé d'agir par lui-même. En 2009, il a ainsi fait enlevé Krombach a son domicile d'outre-Rhin avant de livrer ligoté à la police de l'Hexagone.

Le rapt de KrombachCette opération musclée se retrouve actuellement au coeur du procès. "Jamais on a été aussi loin dans la violation de la loi pour juger un homme", s'est indigné Me Philippe Ohayon, l'un des avocats de Dieter Kormbach, contestant l'existence même d'un procès basé sur un "acte de vengeance". Avant même la tenue de l'audience, le magistrat s'est inquiété de voir la cour siéger sous la pression d'un "pistolet émotionnel", la douleur de la famille de Kalinka.

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La défense a par ailleurs insisté sur le fait qu'en Allemagne l'accusé est considéré comme innocent. A ce titre, elle souhaite que la cour d'assises saisisse la Cour de justice de l'Union européenne pour trancher ce conflit de compétence. "Les juges français sont assez grands pour répondre à ces questions qui n'ont pour autre but que de jeter la suspicion sur la procédure française", a rétorqué Me Laurent de Caunes, l'un des anciens conseils du père de Kalinka."C'est une invention"La cour rendra sa décision ce mercredi sur l'ensemble des points soulevés par les avocats de Dieter Krombach. Les mêmes arguments avaient été rejetés en première instance et l'accusé avait été condamné à quinze ans de réclusion criminelle. Le médecin allemand encourt à présent la perpétuité. Il a toujours affirmé être innocent du meurtre de sa belle-fille. "Je n'avais aucune raison de tuer Kalinka, c'est une invention", a-t-il déclaré d'entrée de jeu mardi.  

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