Jean-Marie Delarue, le contrôleur général des lieux de privation de liberté, plaide actuellement pour l’autorisation des téléphones portables dans les cellules des prisons. Selon lui, ces appareils seraient un véritable "facteur d’apaisement" pour les détenus.

Les détenus de France vont-ils bientôt pouvoir posséder un téléphone portable en cellule ? C’est en tout cas ce que souhaite  Jean-Marie Delarue, le contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL). Deux ans après avoir rendu un premier avis appelant à revoir les conditions d’utilisation des téléphones fixes des prisons, il a en effet affiché mercredi sa volonté d’autoriser les détenus à posséder un mobile. "Je crois que, le jour venu, il faudra autoriser les téléphones portables en détention", a-t-il déclaré. Devant la Commission des lois de l’Assemblée nationale, Jean-Marie Delarue a ainsi expliqué qu’une telle mesure constituerait un "facteur considérable d’apaisement" dans les prisons du territoire. Selon lui, "les personnes détenues (….) sont loin de tout. Ce qu’il leur reste, c’est le téléphone portable" pour entretenir un lien avec leurs proches en dehors des parloirs.

"La recherche de téléphones portables est un puits sans fond"Egalement conscient du fait que de nombreux détenus possèdent d’ores et déjà un portable dans leur cellule et ce, malgré l’interdiction, le CGLPL a regretté le fait que ses équipes s’épuisent " à la recherche de téléphones portables, qui est un puits sans fond". Et Jean-Marie Delarue de rappeler qu’à la prison des Beaumettes à Marseille (Bouches-du-Rhône), près de 900 téléphones mobiles sont saisis chaque année. Ainsi, et toujours selon lui, autoriser les détenus à posséder un mobile éviterait aux surveillants ce type de recherches et leur permettrait de mieux encadrer la possession de ces appareils. Concernant les conversations que les détenus pourraient avoir depuis leur cellule, le CGLP a affirmé : "je préféreras qu’on autorise les téléphones et qu’on contrôle, tous les dix jours, qui (le déténu) a appelé". Actuellement, les détenus peuvent uniquement appeler depuis des téléphones fixes installés dans les bâtiments pénitentiaires. Ils savent donc que leurs conversations sont susceptibles d’être écoutés par le personnel.

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Les mails bientôt autorisés ?Fort de cette demande, Jean-Marie Delarue a également demandé à ce que les détenus aient accès à une messagerie électronique. "Je ne crois pas que cette messagerie pose des problèmes de nature différente de celle des courriers", a-t-il estimé. Rappelant que tous les courriers, reçus ou envoyés, étaient lus par le personnel pénitentiaire, pour raisons de sécurité, il a ainsi proposé que les mails soient vérifiés de la même manière.

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