Récemment abattu par le RAID après la prise d'otages dans une épicerie casher de la porte de Vincennes à Paris, Amédy Coulibaly affichait un lourd passé de braqueur converti à l’islamisme radical.

Amédy Coulibaly, 32 ans, vient d'être abattu par les forces du RAID après avoir pris en otages plusieurs personnes dans un magasin casher de Paris. Il était également suspecté d’être le tueur de Montrouge mais aussi le troisième homme présent lors de l’attentat contre Charlie Hebdo.

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Avant la prise d'otages de la porte de Vincennes et la fusillade de Montrouge, l'homme avait déjà été incarcéré pour différents vols aggravés et la préparation d'évasion d'un terroriste islamiste.

Lourd passé judiciaire

Né à Juvisy-sur-Orge, dans l’Essonne, le 27 février 1982, Amédy Coulibaly, surnommé "Doly de Grigny", est condamné en 2001, alors qu’il n’a même pas 18 ans, à trois ans ferme dont deux avec sursis par le tribunal d’Evry pour vol avec aggravations. La même année, il écope de quatre ans de prison dont deux ans avec sursis pour un autre vol aggravé.

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En 2002, il est de nouveau condamné à douze mois dont neuf avec sursis pour vol aggravé et recel. En 2004, Amédy Coulibaly est renvoyé devant la cour d’assises des mineurs du Loiret pour un vol à main armée dans une agence de la BNP où il rafle, avec deux complices, un butin de 25 000 euros. La cour le condamne alors à six ans de prison.

Sorti de prison, il se reconvertit en dealer et prend une peine d’un an et demi pour trafics de stups en 2006. C’est à cette période qu’il se convertit à l’islamisme radical et rencontre Chérif Kouachi, l’un des auteurs de l’attentat contre Charlie Hebdo, également incarcéré à Fleury-Mérogis.

De la radicalisation à la tentative d’évasion

En décembre 2013, il est condamné à cinq ans de prison pour "association de malfaiteurs en vue de la préparation de l’évasion avec armes" de Smaïn Aït Ali, artificier des attentats du GIA à Paris en 1995, détenu dans le centre pénitencier de Clairvaux (Aube).

Amédy Coulibaly avait été interpellé le 18 mai 2010 à son domicile de Bagneux, dans les Hauts-de-Seine. Chez lui, les enquêteurs avaient découvert 240 cartouches de calibre 7,62 mm, des munitions de kalachnikov et des photos prises avec Djamel Beghal, islamiste radical ayant purgé une peine pour un projet d’attentat contre l’ambassade des Etats-Unis à Paris, datées d’avril. Le garçon d’une famille de dix enfants avait alors reconnu rendre visite une fois par mois à l’islamiste assigné à résidence à Murat, dans le Cantal.

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Les enquêteurs avaient également mis la main sur une lettre "en arabe" destinée à un certain Omar résidant en Belgique. Dans sa lettre, Amédy Coulibaly sollicitait "de faux documents administratifs d’une très grande importance qui dépasse (ses) intérêts personnels". Or la police n’est pas arrivée à savoir qui de Coulibaly ou Behgal était l’auteur du document.

"Une personnalité immature et psychopathique"

D’origine africaine, le jeune homme aurait vécu une "enfance heureuse et une scolarité moyenne" selon ses proches. Or selon un ancien camarade de classe du jeune homme, Amédy Coulibaly aurait, dès l'âge de huit ans, pris l'habitude de passer ses soirées hors de l'appartement familial.

Titulaire d’un BEP d’installateur conseil en équipement hi-fi, il arrête sa formation sans obtenir le bac. Ses proches parlent alors d’un changement de comportement en raison de ses fréquentations.

Au moment de son procès pour son premier vol aggravé, l’expert psychiatre du tribunal correctionnel de Paris avait relevé "une personnalité immature et psychopathique", "un sens moral très déficient" et une volonté de "toute puissance".

Une rencontre avec Nicolas Sarkozy ?

Le 15 juillet 2009, Le Parisien publie un reportage sur la rencontre d’"Amedi, 27 ans" avec Nicolas Sarkozy.

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Si rien n’est encore avéré sur la véritable identité de ce jeune homme, certains éléments laissent à penser qu’il s’agit d’Amédy Coulibaly. Tout d’abord, la rencontre a lieu à Grigny, ville de résidence de ses parents. Ensuite, le jeune homme de 27 ans de l’article du quotidien travaille dans l’usine Coca-Cola de la ville. Selon L’Obs et Libération, Amédy Coulibaly, également âgé de 27 ans à cette période, est employé par Coca-Cola.

Aujourd'hui, sa compagne Hayat Boumeddiene, elle aussi recherchéee, aurait pris la fuite.

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