Pourquoi partent-ils en Syrie ?

Des jeunes, entre 15 et 30 ans, partent en Syrie : pourquoi ? Et que faut-il faire ? La priorité est d'être informé et donc de comprendre.

Il me semble qu'il y a deux aspects complémentaires à prendre en compte. Tout d'abord la soif d'indépendance des jeunes. Celle-ci est intrinsèquement saine. Jésus-Christ lui-même a fugué à douze ans, sans dire à ses parents où il allait. Et il se permet de leur faire des reproches de ne pas l'avoir compris ! Pour autant, il n'est pas devenu terroriste. Au contraire, il a travaillé modestement jusqu'à l'âge de 33 ans environ.

Certes, il y a des causes plus saines que d'autres. On est en droit de penser qu'il valait mieux s'enrôler dans la résistance contre l'Allemagne nazie que dans les jeunesses hitlériennes. Partir à Katmandou ou devenir hippie a fait rêver une génération. Aujourd'hui, s'engager dans une ONG ou dans l'armée française peut avoir une part d'idéalisme.

Mais, quelle que soit l'action choisie, la détermination de quelques jeunes est un signe de vitalité pour le peuple dont ils sont issus. Et ce n'est pas par hasard que ceux qui ont le courage de passer à l'acte sont souvent des "petits bourgeois", généreux et aimés par leurs parents. Il faut le savoir et accentuer la campagne d'information auprès de tous les éducateurs. Ce serait déjà beaucoup.

Reste la cause elle-même. Soyons clair : sur ce point, c'est le brouillard. Le terrorisme pur et dur pratiqué, hier, par les héros de l'indépendance algérienne et, aujourd'hui, par les partisans du Hezbollah, reste un idéal pour beaucoup.

Nul n'ignore que des millions de pauvres ont applaudi, au fond de leur cœur, en voyant deux avions percuter les Twin Towers de Manhattan. Et il faut avouer que l'avarice scandaleuse des milliardaires n'incite pas à la modération. En refusant de laisser une part de leurs bénéfices pour le bon fonctionnement de la cité, les multinationales commettent un crime contre l'humanité.

En France, une gauche sectaire a instrumentalisé la manif du 11 janvier 2015 au profit d'un slogan diviseur et méprisant pour des millions de musulmans et autres chrétiens. Je le redis, une fois de plus : je me réjouirais si l'un de mes jeunes petits-enfants avait refusé une minute de silence devant une banderole  "Je suis Charlie".

Croyez-vous sincèrement que les pantalonnades actuelles autour de la "déchéance nationale" soient de nature à motiver nos jeunes ? 

En vidéo sur le même thème :Marc Trévidic : "Une masse de jeunes qui ne sont pas radicalisés" au sein de Daech

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