La nomination de François Villeroy de Galhau à la tête de l'institution publique a été décriée par 150 économistes dans une tribune.

La nomination de François Villeroy de Galhau à la tête de la Banque de France (BDF) ne se déroule pas tout à fait comme prévue…

Dans une tribune publiée sur le site du Monde le 15 septembre, 150 économistes – avec Thomas Piketty en figure de proue – dénonçaient le choix du président de la République, arguant d’un "grave problème de conflit d’intérêts".

En cause, le passé de François Villeroy de Galhau : ancien haut fonctionnaire et ancien directeur de cabinet de Dominique Strauss-Kahn au ministère de l’Economie, il était jusqu’en avril dernier le directeur général délégué de BNP Paribas, une banque privée.

Son indépendance remise en cause

Dans leur tribune, si les signataires reconnaissent "l’expertise" du banquier, ils contestent en revanche "son indépendance". "Il est totalement illusoire d’affirmer qu’on peut avoir servi l’industrie bancaire puis, quelques mois plus tard, en assurer le contrôle avec impartialité et en toute indépendance", écrivent-ils. Comme l’explique Francetv Info, ce que redoutent les économistes a un nom : capture du régulateur. Il s’agit d’une situation "dans laquelle une agence gouvernementale chargée de contrôler un secteur, au lieu d'agir dans l'intérêt du public, finit par agir dans l'intérêt exclusif du secteur qu'elle est sensée contrôler."

Face aux soupçons, ses partisans louent sa probité

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De leur côté, les défenseurs de la nomination effectuée par le président vantent la probité de François Villeroy de Galhau et rappelle que les missions de régulation bancaire ont été transférées à la Banque centrale européenne, limitant les pouvoirs du gouverneur de la BDF.

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Au-delà de ces querelles, la nomination de l’ancien directeur de BNP Paribas doit encore être validée par les commissions des Finances de l’Assemblée nationale et du Sénat, el 29 septembre.

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