Ce sont plus de 200 squelettes, alignés avec soin, qui ont été découverts ce vendredi sous un Monoprix parisien. Victimes d'une famine, ou d'une épidémie de peste ? Les archéologues tentent de déterminer la cause de leur mort.

© Denis Gliksman, Inrap/Facebook

Voilà une découverte qu'ils ne s'attendaient pas à faire. Une équipe d'archéologues a mis au jour plus de 200 squelettes sous un supermarché Monoprix parisien. Des restes humains alignés avec soin les uns à côté des autres. Depuis début janvier, une équipe de l'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) mène des fouilles dans les sous-sols de ce supermarché, situé Boulevard de Sébastopol dans le 2ème arrondissement de Paris. Un endroit où se trouvait autrefois le cimetière de l'hôpital de la Trinité, fondé au XIIe siècle et détruit au XVIIIe siècle, et qui abritait donc des fosses communes.

Des ossements "oubliés"

"Dans le cadre du réaménagement du magasin, nous avons décidé de supprimer un promontoire qui se trouvait au deuxième sous-sol, ce qui a déclenché des fouilles préventives" a expliqué le irecteur du magasin, Pascal Roy. "Nous nous attendions à ce qu'il reste quelques ossements dans la mesure où cela avait été un cimetière mais pas à trouver des fosses communes" a-t-il ajouté. Les restes des défunts avaient été transférés dans les Catacombes de Paris à la fin du XVIIIe siècle. Pas tous semble-t-il.

Fièvre, peste, épidémie...?

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Les fouilles portent sur une zone d'environ 100 m2, sur laquelle huit fosses ont été découvertes et les archéologues s'interrogent sur la cause de leur mort. Famine ? Peste ? Une chose est certaine, ils ont succombé en masse, mais ont aussi été déposés là les uns à côté des autres avec beaucoup soin et de respect. "Les individus, hommes, femmes, enfants, ont été placés "tête-bêche" sans doute pour gagner de la place" a expliqué Isabelle Abadie, responsable des fouilles.  "Paris a été frappée par plusieurs épidémies de peste au XIVe, XVe et XVIe siècles. La capitale a aussi été touchée par la variole au XVIIe" a-t-elle précisé. Des prélèvements ont été réalisés afin de déterminer plus précisément les circonstances de ces décès. Les archéologues continuent aussi de fouiller la zone, et n'excluent pas de trouver d'autres ossements, ceux-ci ayant été disposés sur plusieurs couches.

 

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