Ce jeudi, un djihadiste qui avait poignardé un militaire va passer devant la justice. Celle-ci devra trancher sur l’altération ou non du discernement du jeune homme. 

Le djihadisme relève-t-il de la psychiatrique ? La question est épineuse. C’est pourtant à celle-ci que devront répondre ce jeudi les juges de la chambre d’instruction du tribunal de grande instance de Paris. Réunis en formation collégiale, ils devront examiner le cas d’Alexandre Dhaussy, un djihadiste de 23 ans qui avait poignardé un chasseur alpin à La Défense (Hauts-de-Seine), le 25 mai 2013.

Le jeune homme qui s’est converti à l’islam à la fin de sa minorité avait reconnu et "totalement assumé" son agression, "invoquant Allah" à plusieurs reprises au cours de sa garde à vue. Quelques minutes avant de porter un coup au militaire, il avait fait "une prière musulmane", selon le procureur de Paris qui, en juin 2013, évoquait de sa part "une volonté de tuer assez évidente" et "une détermination impressionnante."

Pourtant, "au moins trois experts ont conclu à l’abolition de son discernement. Et a minima, tous s’accordent pour dire qu’il y a une altération du discernement", fait savoir à 20 minutes son avocat, Adrien Mamere.

Avant lui, plusieurs djihadistes avaient été jugés fous

Avant lui, la question psychiatrique à propos des djihadistes s’était déjà posée pour Mehdi Nemmouche, auteur de la tuerie du musée juif de Bruxelles, situé "à la limite de la psychiatrie" par des experts du renseignement. De même pour Yassin Salhi qui avait décapité son patron et qui a été décrit par certains de ses proches comme ayant "une double personnalité."

En décembre 2014, plusieurs attaques à l’approche de Noël avaient provoqué un vent de panique en France. Un homme de 40 ans, de père marocain et de mère algérienne, avait renversé 13 piétons à Dijon au cri de "Allah Akbar" (Dieu est grand) tandis qu’un Burundais âgé de 20 ans avait poignardé des policiers à Joué-lès-Tours au cri de "Allah Akbar" avant d’être abattu par la police. En mars de cette année, un homme d’origine turque en garde à vue avait essayé d’étrangler un policier en criant également "Allahu Akbar". Là encore, ces trois profils avait été déclarés comme fous, ou tout du moins avec de forts troubles psychiatriques. 

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Cependant, cette psychologisation des djihadistes agace les acteurs de la prévention de la radicalisation. "Quand vous les écoutez, ils ont un discours très rationnel et politique. Dire qu’ils sont mentalement malades, c’est oublier qu’ils sont au service d’une idéologie manipulatrice", a expliqué à 20 minutes Sonia Imloul, responsable de la structure dite de déradicalisation créée il y a un an à l’initiative du ministère de l’Intérieur.

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