De plus en plus de communes du littoral français suivent l’exemple de Nice qui, en 2012, a adopté le label "plage sans tabac". Interview de Christian Estrosi, le député-maire de la ville qui a piloté ce projet.

Planet : Comment Nice est devenue la première ville de France à obtenir le label ‘Plage sans tabac’ ?Christian Estrosi : "Dans le cadre du projet ‘Nice, Ville sans Tabac’, j’ai souhaité que pour l’été 2012 une plage soit réservée aux non-fumeurs. Ainsi, la ville s’est rapprochée de la Ligue Nationale contre le Cancer, partenaire de longue date de notre collectivité, pour obtenir le label ‘Plage sans tabac’, qui est une déclinaison du label national ‘Espace sans tabac’ créé par la Ligue dans le prolongement du Plan Cancer. Afin de formaliser ce partenariat, une convention, autorisée par le Conseil municipal du 29 mars 2012, a été signée le 12 avril 2012 entre la Ligue Nationale contre le Cancer et la ville de Nice. La plage du Centenaire, sur la promenade des anglais, est ainsi devenue la première plage de France labellisée ’plage sans tabac’  Planet : Pourquoi avez-vous souhaité vous investir dans cette initiative ?Christian Estrosi : Je me suis toujours investi dans la lutte contre le tabagisme qui, je vous le rappelle, est responsable de plus de 60 000 morts par an, dont 90 % des cancers du poumon. Pour moi, les fumeurs sont d’abord des victimes. Pour faire en sorte que d’autres, et particulièrement les jeunes, ne tombent pas dans ce piège, nous devons faire de la prévention. La lutte contre le cancer a toujours été une des priorités de ma politique de santé, notamment avec l’application du Plan cancer et les actions de prévention, de dépistage et de soins.  Planet : En quoi cela consiste-il concrètement ?Christian Estrosi : Plage centrale et déjà labélisée handiplage et pavillon bleu, la plage du Centenaire a été choisie pour devenir en 2012 un espace sans tabac. Concrètement, sur cette plage non-fumeur et dans l’eau, sur une distance de 300 mètres, tous les jours de la semaine, de 9 à 20 heures, d’avril à fin octobre, il est interdit de fumer sous peine d’une amende.   Planet : Comment ont réagi les habitués de la plage du Centenaire ?Christian Estrosi : Pour informer la population, locale et touristique, une campagne de communication a été mise en place. Des panneaux ont été installés à l’entrée des deux plages indiquant que celles-ci sont non-fumeur. Un fascicule a aussi été édité et distribué par notre brigade anti-canicule qui sillonne les plages durant l’été. Pendant les premiers jours de l’ouverture de la première plage sans tabac, il y a une certaine réticence de la part de certains fumeurs. Disons plutôt de l’étonnement. Mais ensuite, les habitués ont particulièrement apprécié l’absence de fumée et, les non-fumeurs comme les fumeurs, se sont réjouis de l’absence de mégots. Il est à noter que les fumeurs peuvent, s’ils le souhaitent, fumer sans gêner en remontant sur la promenade des anglais, des cendriers étant installés.  Planet : Y a t il eu des contrôles ? Certains vacanciers ont-ils été verbalisés ?Christian Estrosi : L’objectif n’est pas de mettre les fumeurs à l’amende à tout prix mais d’informer les éventuels étourdis. Les 4 à 8 agents de Police Municipale en VTT affectés à la surveillance quotidienne du bord de mer et qui ont pour mission de veiller à l’application de l’arrêté municipal ont principalement sensibilisé les vacanciers. En 2013, moins de 5 amendes à 11€ ont d'ailleurs été dressées.

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Globalement, le bilan est positif : nous avons un bon retour des niçois et des visiteurs fréquentant la plage.  D’autres plages françaises ont d’ailleurs suivi notre exemple, je suis fier que Nice ait ouvert la voie. En 2013, nous avons-nous créé une deuxième plage bannissant le tabac, celle de Lenval, située à l’Ouest de la ville. En juin de cette année, une troisième plage sans tabac a vu le jour, située plus à l’ouest : la plage Saint Hélène.   Planet : Prévoyez-vous d'étendre cette mesure sur l'ensemble des plages de la ville ? Christian Estrosi : Non. Même si je dois être ferme dans la lutte contre les méfaits du tabagisme, car il s’agit d’une priorité dans le domaine de la santé publique,  je dois aussi rester respectueux des choix de chacun".

 

 

 

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