Un rapport publié par l'Observatoire de la délinquance et des réponses pénales permet de dessiner le "profil type" du meurtrier francilien.

C’est une enquête pour le moins inédite publiée ce mercredi 12 novembre par l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales. Celle-ci porte sur les homicides commis entre 2007 et 2013 à Paris et sa petite couronne.

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Afin d’établir le portrait-robot du meurtrier francilien, l’observatoire a passé au crible quelques 602 meurtres qui ont eu lieu à cette période à Paris mais aussi dans les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne). Toutes les données relatives à ces assassinats ont été compilées et croisées afin d’esquisser les contours d’un meurtrier type. L’observatoire a sollicité la police judiciaire parisienne pour récolter les dossiers et ainsi étudier le profil des tueurs, celui des victimes, les lieux et les horaires des meurtres ou encore les modes opératoires.

Alors, à quoi ressemble le tueur parisien ?

Sans grande surprise, il s’agit d’un homme (dans neuf cas sur dix). Plutôt jeune (entre 15 et 35 ans), il sévit en priorité dans la capitale. La majorité des meurtres qu’il commet ont lieu dans des espaces privés (41%), alors que les espaces publics représentent 35% des meurtres. Le tueur francilien agit plutôt en fin de semaine, à partir du jeudi mais surtout dès le vendredi avec un pic le samedi soir). En outre, c’est la nuit que les crimes se déroulent en grande majorité.

Niveau mode opératoire, c’est le couteau (ou ce qui est qualifié "arme blanche" en général) qui est prisé par le meurtrier type. En effet, ce type d’armes est utilisé dans 34% des cas contre 23% d’assassinats commis à l’aide d’une arme à feu. L’étude montre également que les "coups et violences" représentent 28% des meurtres (les victimes concernées dans ces cas-là sont majoritairement des femmes et des mineurs de moins de 15 ans).

Pour plus de deux tiers, les victimes sont masculines et âgées de la quarantaine. "Les jeunes adultes de sexe masculin sont surexposés aux homicides" précise en effet l’étude. Parmi ceux-ci, près de la moitié sont exécutés sur la voie publique. Pour les victimes féminines, qui représentent le tiers restant, elles succombent à leur agresseur à leur domicile dans deux cas sur trois.

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Dans plus de la moitié des cas, victime et meurtrier se connaissent. En outre, le profil du "voyou" n’est impliqué que dans un meurtre sur cinq. Ce sont en effet des motifs conjugaux et familiaux qui sont les plus représentés (18%). Dans ces cas-là, ce sont les femmes qui en sont majoritairement victimes. Suivent ensuite les différents privés (financiers par exemple). Ceci explique par ailleurs pourquoi la plupart de ces meurtres sont assez rapidement résolus.  

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