Joffrey Helbois est un traqueur de fantômes. Sa passion : inspecter avec son équipe les lieux craints de tous pour y débusquer des esprits. Il nous explique ses aventures au-delà du réel.

A chacun sa façon de chasser les fantômes. Si dans le film Ghostbusters d’Ivan Reitman (1984), Bill Murray et ses acolytes traquent les esprits gluants à coup de canons à protons (dont il ne faut pas croiser les effluves sous peine de cataclysme), il en est tout autrement dans la réalité.

Président depuis six ans de l’association Ghostime, groupe de recherche et d’investigation de phénomènes surnaturels, Joffrey Helbois est un authentique chasseur d’esprits. Il s’est confié à Planet.fr sur sa passion hors du commun.  

Avec son équipe, ce quinquagénaire a parcouru les couloirs de maisons hantées et de lieux lugubres désaffectés, à l’affût de phénomènes paranormaux. "Nous venons en aide aux particuliers qui estiment que leur maison abrite une présence liée à l’autre côté", explique ce natif de Wattrelos, près de Lille.

Du surnaturel dès l’enfance

Basée à Dunkerque, l’association Ghostime a été créée en 2010 par Joffrey et son frère Eric. Son affinité avec le paranormal a débuté très jeune : à l’âge de sept ans, alors qu’il était dans sa chambre avec son frère, Joffrey a vu une apparition au bout de son lit.

"On a vu un homme blanc avec une cape et un chapeau noir qui nous regardait. Son visage était un peu flou. Une fois il nous a dit ‘Pas d’inquiétude, je vous protège’, se rappelle-t-il. J’ai commencé à douter de ce que j’avais vu jusqu’à ce que mes trois autres frères l’aperçoivent également. Mes parents ont bien essayé de nous convaincre que c’était juste l’imagination. Ca ne l’était pas."

Cette expérience n’est pas la seule qu’il ait vécue pendant son enfance. "Il faut savoir que quelques années avant ma naissance, ma mère a perdu l’un de ses fils. Il est mort à 3-4 ans. Quand j’étais petit, je sentais parfois une présence. Puis, un jour, j’ai vu un petit garçon, il me parlait. Je l’ai dit à ma mère qui s’est empressée de me répondre que j’imaginais des choses. Puis je lui ai précisé que ce petit garçon s’appelait Didier. Elle est devenue toute pâle. Didier. C’était le nom de mon défunt frère que je n’avais pas connu et dont personne ne parlait jamais. Je ne savais même pas que j’avais un frère mort à cette époque-là", confie-t-il.

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Une caméra, des micros, et un "K2"

Il y a six ans, Joffrey a décidé de se consacrer à sa passion. Il a investi dans du matériel pour débusquer les phénomènes paranormaux dans les maisons et lieux qui semblaient hantés. "Au début j’avais juste un dictaphone, je posais une question pour savoir si une présence était là. J’écoutais ensuite la cassette et j’entendais au loin une réponse. Alors qu’il n’y avait personne d’autre que moi dans ces lieux, assure-t-il. A la suite de ça, j’ai acheté une caméra, des micros, et un K2 qui mesure les champs électromagnétiques."

Il se rappelle l’une des premières manifestations marquantes qu’il a pu observer : "Une fois, nous tournions nos vidéos avec un membre de l’équipe dans un endroit isolé. Il n’y avait personne à part nous. Lorsqu’on a commencé à enregistrer, mon équipier a crié 'action' pour entamer le tournage. Dans l’enregistrement on entend le ‘action’, puis derrière, bien distinctement, on entend aussi une voix qui dit ‘Allez ! Go ! C’est parti !’. Pourtant, on a rien entendu de tel à ce moment-là et il n’y avait personne d’autre".  

Manifestations et possessions

En six ans, selon Joffrey, seulement 10 à 12 % de ses interventions ont concerné réellement des manifestations paranormales. Pour le reste, il s’agissait souvent de l’imagination débordante des locataires. "Une fois, une femme nous a appelés pour nous dire qu'elle entendait des claquements dans la maison très souvent et qu’elle pensait que sa demeure était possédée. On a mené notre enquête, elle nous a fait visiter les lieux. A un moment, on a entendu quelqu’un se garer dehors et une portière claquer. Là elle s’est écriée, ‘Ah vous voyez, ça recommence, le claquement’. On a bien tenté de lui expliquer que c’était une porte de voiture dehors mais elle n’a pas voulu nous croire. Elle est restée persuadée qu’il y avait autre chose."

Lorsqu’on lui demande s’il a déjà eu peur lors de ses enquêtes, le chasseur de fantômes répond avoir été terrifié au moins à deux occasions. Dans les deux cas il s’agissait d’un phénomène de possession : "C’est le genre de chose qui reste en mémoire. En un instant notre ami a changé du tout au tout. Il disait s’appeler autrement et habiter sur place, il était agressif. Une fois, la possession a été tellement violente que j’ai dû lui jeter de l’eau bénite pour tenter de faire partir l’esprit. De l’eau est tombée sur son jean. Après s’être énervé, il est finalement revenu à lui, sans aucun souvenir de ce qu'il venait de se passer. Le lendemain, il m’a appelé pour me dire qu’il avait des taches rouges sur sa jambe. C’était justement à l’endroit où l’eau bénite était tombée. Il était comme légèrement brûlé". Joffrey précise tout de même que tous les esprits ne sont pas mauvais. Rassurons-nous.

Que faire si l’on pense que notre maison est hantée ?

"Si votre maison est le théâtre d’évènements troublants, trouvez tout d’abord une explication rationnelle à cela, conseille le spécialiste. S’il y a vraiment quelque chose de paranormal, on fait une enquête sur le lieu. La maison, mais aussi le terrain, son histoire, si c’était un ancien lieu de bataille ou ce genre de chose. Cela peut prendre 3 à 4 mois de recherches pour déterminer d’où peut venir l’entité."

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Aujourd’hui, Ghostime est sur le point de fermer boutique, mais Joffrey Helbois ne baisse pas les bras et compte inaugurer une nouvelle association à partir de l’an prochain, nommée GS Paranormal.

Vidéo : Enquête paranormale de Ghostime dans le jardin d'un château

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