En Biélorussie, des personnes se sont mises à travailler toutes nues à la suite d’un lapsus de leur président. Mais en France, une telle démarche aurait-elle été possible ?

La nouvelle tendance en Biélorussie ? Travailler dans le plus simple appareil. Sur Instagram (photo ci-dessus), plusieurs photos d’employés nus sont ainsi partagées depuis quelques jours. Plus précisément depuis que le président de l’ancien pays du bloc communiste a fait un lapsus lors d’un discours le 23 juin. Celui-ci avait dit qu’il fallait "se déshabiller et travailler", alors qu’il voulait dire "se développer et travailler" ; les deux termes ayant une prononciation proche.

"L'exhibition sexuelle imposée à la vue d'autrui dans un lieu accessible aux regards du public est punie..."

Mais en France, une telle situation aurait-elle été possible ? En matière de nudité, c’est l’article 222-32 du Code pénal qui réglemente la question. Il est dit que "l'exhibition sexuelle imposée à la vue d'autrui dans un lieu accessible aux regards du public est punie d'un an d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende."

Le terme "imposée à la vue d’autrui" permet ainsi d’écarter toute possibilité de poursuites à l’encontre de personnes se livrant au naturisme dans des lieux prévus à cet effet, par exemple sur des plages pour naturistes. En revanche, sa balader nu dans la rue est interdit selon la loi ("puisque l’on impose à la vue d’autrui"), sans compter la dimension morale : être habiller est devenu une norme sociale.

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Reste à s’entendre sur le terme d’"exhibition sexuelle". De quelle partie du corps parle-t-on ? Bien sûr, les organes génitaux rentrent dans la définition, mais quid du torse nu, voire de de la poitrine à l’air ? A New York par exemple, les femmes ont la possibilité depuis 1992 de se balader seins nus dans les rues. Mais en France, la pratique est plus délicate. S’il est possible d’être topless à la plage, en revanche, la jurisprudence et les mentalités attribuent aux seins un caractère sexuel ne permettant pas aux femmes de se balader poitrine à l’air en public. Ainsi, l’ex-Femen Eloïse Bouton a-t-elle été condamnée à un mois de prison avec sursis et à des dommages et intérêts pour "exhibition sexuelle" après une action seins nus.

Une permissibilité plus grande pour la poitrine masculine

En revanche, la réglementation concernant l’exhibition de la poitrine masculine est plus fou, puisque le torse n’est pas considéré comme ayant un caractère sexuel. En ville, la pratique n’est pas rare en cas de fortes chaleurs, même si un agent de police peut théoriquement demander à la personne de se rhabiller. Mais aux abords des plages et mers, surtout dans le sud de la France, les hommes avec le torse nu ne sont pas rares. La réglementation est alors laissée au soin de la mairie qui peut prendre des arrêtés pour interdire la pratique. Mais en règle générale, la société est beaucoup moins prohibitive sur le torse masculin, surtout quand les hommes travaillent par fortes chaleurs en extérieur (maçons, BTP, voiries…).

Dans un lieu privé, le site juritravail.com explique qu’un "employeur peut imposer à un salarié des contraintes vestimentaires seulement si elles sont justifiées par la nature des tâches à accomplir et proportionnées au but recherché. Ce principe se traduit par la possibilité laissée à l'employeur d'introduire des limitations ou restrictions à la tenue des salariés en vertu, par exemple, du respect de mesures de sécurité ou d'hygiène ou encore en raison de l'image de l'entreprise lorsque les fonctions du salarié l'exigent (contact avec la clientèle)."

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Toutefois, on imagine mal une entreprise permettant à ses employés de travailler nus, et ce pour plusieurs raisons : pudeur, contact avec la clientèle, hygiène, regard des autres, attraction sexuelle…

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