La nouvelle épreuve de l'examen du code la route ne fait pas l'unanimité. Depuis sa mise en application le 2 mai dernier, les résultats chutent et les différents acteurs sont mécontents. 

Le 2 mai, une nouvelle banque de questions a fait son entrée à l'examen du code de la route. De 400 questions, le nouvau code est passé à 1000 questions. Parmi elles, de nouveaux thèmes comme "l'éco-conduite", le secourisme ou encore les nouvelles technologies.

Ce changement du code de la route est loin de satisfaire tout le monde. On enregistre d'ailleurs une dégrimgolade des résultats. En moyenne, 70% des candidats obtiennent le code de la route chaque année, or lundi 2 mai, le jour du lancement du nouvel examen, seulement 16,7% avaient atteint la fameuse barre des 35 bonnes réponses.

"Des questions stupides"

Pour Daniel Quérot, président de l'association "40 millions d'automobilistes", cette initiative partait pourtant "d'un bon sentiment" et permettait "d'avoir une vision plus moderne de la conduite". Mais pour lui, les nouvelles questions "sont impertientes et oublient l'objectif fondamental des conducteurs, à savoir : rouler en sécurité pour soi-même et pour les autres". "A quoi ça sert de mettre des questions comme ça : 'Avec quelle main dois-je ouvrir la porte de ma voiture : gauche ou droite'", ironise-t-il.

"Les questions étaient particulièrement stupides et ne permettaient pas de jauger les compétences techniques des candidats. Elles n'ont aucun sens", proteste de son côté l'avocat expert en code de la route, Maître Iosca. Pour lui, cette tentative de réforme est un véritable "fiasco". "Ils ont voulu faire plus simple, ils l'ont rendu plus compliqué", a-t-il déclaré à propos du nouvel examen au code de la route.

"1000 questions c'est trop !"

Pour cet avocat et le président de l'association qui représente les automobilistes, la question de l'éco-conduite", par exemple, sont des thèmes qui s'abordent dans la pratique et non dans la théorie. "Conduire 'écologique' s'apprend lors des cours de conduite, pas en apprenant combien de tonnes de CO2 une voiture peut délivrer", affirme Maître Iosca. Pour Daniel Quérot, le plus important pour les candidat au permis de conduire est de "savoir rouler en toute sécurité". "En ce qui concerne la conduite paisible et agréable, cela relève des cours de conduite", ajoute-t-il. Pour lui, il est nécessaire de "revoir la priorité des questions" en n'oubliant jamais l'objectif fondamental qui est la sécurité routière.

"1000 questions c'est trop", ajoute Daniel Quérot. "On augmente le volume du code du travail et le chômage augmente, on augmente le volume du code de la route et les accidents continuent d'augmenter", s'alerte-t-il avant d'ajouter que l'on "peut connaître 1000 questions par coeur et être totalement à côté de la plaque dans la pratique".

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Par ailleurs, les candidats qui ont passé le nouvel examen du code la route s'étaient entraînés sur les anciennes questions, ce qui explique aussi le très faible taux de réussite le 2 mai dernier. Voila pourquoi, "personne n'était prêt", selon Daniel Quérot. "Ni les candidats, ni les auto-écoles".

Les candidats ayant échoué pourront le repasser gratuitement 

En début de semaine, les questions litigeuses, soit 600 sur 1 000, ont été retirées du code de la route. Il ne reste donc plus que 400 questions, soit le nombre initial. De nouvelles questions devraient être ajoutées au fur et à mesure. Depuis le retrait de ces questions qui posaient problème, le taux de réussite est remonté à 60%, un taux qui pour l'avocat Maître Iosca, "reste toujours en dessous des 70% initial".

Les deux protagonistes s'accordent à dire que le nouveau code de la route devrait être discuté "autour de la table". Ils demandent qu'une commission composée d'auto-écoles, conducteurs, magistrats, avocats et pouvoirs publics, soit formée afin de juger de la "priorité et de la qualité" des questions, de "selectionner les plus fondamentales". A noter que le gouvernement a fait un geste en annonçant que les candidats ayant échoué au nouveau code la route pourront le repasser gratuitement.

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Maître Iosca a également tenu a souligner que le permis de conduire est indispensable pour travailler. Refuser le permis de conduire, c'est aussi empêcher les candidats de travailler. Pour Daniel Quérot, il faudrait trouver une équation parfaite permettant aux jeunes "d'avoir un accès au permis de conduire plus facile, pas très cher tout en ne négligeant pas la formation". 

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