Un amendement socialiste dans le projet de loi du mariage homosexuel pourrait changer l’attribution du nom de famille pour les nouveau-nés. En l’absence de contre-indication, ils prendraient celui des deux parents.

Pour les députés UMP, c’est un séisme qui ne dit pas son nom. Depuis 2002, l’enfant peut porter le nom du père, de la mère ou les deux. En l’absence de déclaration, c’est celui du père qui est automatiquement choisi. Or un amendement socialiste pourrait bien changer la donne. Désormais le patronyme attribué sera celui des deux parents, accolés dans l’ordre alphabétique, sauf si ces derniers en manifestent explicitement la volonté. Après le changement de nom des « écoles maternelles », la majorité a-t-elle de nouveau enfourché son cheval de bataille de lutte contre le sexisme ?

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Pour l’opposition, c’est un bouleversement des valeurs familiales. «Vous proposez une révolution, mais cette révolution avance masquée » dénonce le député de la Drôme, Hervé Mariton. « C'est le refus de la distinction père/mère, sous couvert d'une inégalité supposée ». Une absence de distinction qui avait été au départ imaginée pour répondre à la problématique de l’attribution du nom dans un couple homosexuel. Avec deux papas et deux mamans, comment choisir ?

« Effacement du père » alors, comme l’estime l’UMP Marc le Fur ? Contrairement à bien d’autres amendements, le gouvernement semble entendre les inquiétudes de l’opposition sur le sujet. « Les choses ne sont pas figées, [le gouvernement va] essayer de trouver quelque chose de satisfaisant » a indiqué la ministre déléguée à la Famille, Dominique Bertinotti. Ce sera à la « navette parlementaire », selon l’expression de Christiane Taubira, de trancher si absence de patronyme du père va de paire avec manque de repères.  

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