Alors qu’un projet de construction d’un centre de prière musulman financé par des fonds saoudiens lui a été proposé il y a quelques jours, le maire de Nice s’y est farouchement opposé lundi. A la place, Christian Estrosi souhaiterait voir une crèche sortir de terre.

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Il a dit non à la construction d’une mosquée dans sa ville. Lors d’une conférence de presse organisée lundi, Christian Estrosi a clairement rejeté le projet de centre de prière musulman qui lui avait été présenté quelques jours plus tôt.  Devant les journalistes et les principaux représentants du culte musulman, le maire de Nice s’est non seulement opposé à la construction d’une mosquée financée par des fonds saoudiens à l’ouest de sa ville, mais il a également indiqué qu’il préférait, à la place, que soit construite une nouvelle crèche.  Pour motiver sa décision, l’édile a notamment invoqué le fait que ce projet financé par des fonds d’Arabie saoudite ne s’intégrait pas avec son propre projet d’ "Eco Vallée" censée attirée des entreprises dans la plaine jouxtant le Var à l’Ouest de Nice.

"Je n’accepterai pas qu’il y ait des financements étrangers pour des lieux de culte" dans la ville, a-t-il par ailleurs martelé, avant de souligner que la priorité était davantage les quelques 300 demandes de places en crèche qui sont encore insatisfaites à ce jour dans le quartier.  Le maire de Nice songerait d’ailleurs  à transformer un local de plus de 700 m² en lieu d’accueil pour les enfants en bas âge. Fort de son refus, Christian Estrosi a également demandé au ministère de I ‘Intérieur de mener une "enquête approfondie" sur l’origine du financement proposé pour le projet de mosquée.

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Un maire "qui ne veut pas de mosquée et n’a même pas le courage de l’assumer"Suite à l’annonce de ce refus catégorique, le vice-président du Conseil régional du culte musulman pour la région Paca, Boubekeur Bekri, a tenté de calmer le jeu. "Nous essayons de représenter les musulmans dans un cadre non conflictuel", a-t-il ainsi simplement rappelé avant d'expliquer que "les besoins de lieux de culte sont croissants, car il y a un regain de religion". Nice est en effet la cinquième ville de France et 10% de ses habitants sont musulmans. Et alors que Christian Estrosi avait pourtant promis la construction d’un grand lieu de culte musulman pendant sa campagne en 2008, le candidat socialiste aux prochaines élections municipales, Patrick Allemand a dénoncé un maire "qui ne veut pas de mosquée et n’a même pas le courage de l’assumer".

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