Des militants anti-théorie du genre ont récemment manifesté leur opposition à la journée de lutte contre le sexisme, Initié par des lycéens, le projet avait été approuvé par l'académie de Nantes (Loire-Atlantique). Une démarche anodine qui s'est transformée en polémique animant les débats houleux à l'Assemblée nationale.

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C'est l'histoire d'un projet scolaire local qui se retrouve au coeur d'une polémique houleuse. L'académie de Nantes (Loire-Atlantique) a proposé à une vingtaine de ses lycées d'organiser ce vendredi une journée de lutte contre le sexisme intitulée "Ce que soulève la jupe". Une démarche qui a irrité les opposants à la théorie du genre. Selon ces derniers, le rectorat aurait démandé aux garçons de venir en jupe. Cette affirmation, reprise par un article paru mercredi dans Le Figaro, a été catégoriquement démentie par le rectorat de l'académie.

Celui-ci a indiqué à l'AFP le but de cette journée prévue ce vendredi dans 27 lycées de l'académie (qui en compte 220 au total). Selon le porte-parole du rectorat, il s'agit d"une action de lutte contre le sexisme" constistant "principalement en un temps d'échange sur les discriminations sexistes et les moyens éventuels d'y remédier dans la vie du lycée".

La colère des opposants à la théorie du genre

Cette initiative lycéenne a néanmoins suscité l'hostilité des opposants à la théorie du genre sur les réseaux sociaux. En cause : l'intitulé de la journée, "Ce que soulève la jupe", qui reprend le titre d'un ouvrage de Christine Brard sur le sexisme, et la proposition d' "Inviter filles et garçons, élèves et adultes, le temps d'une 'journée événement' à porter une jupe ou un autocollant 'je lutte contre le sexisme, et vous ?' ".

Plusieurs groupes de militants anti-théorie du genre ont affirmé que des lycéens devaient obligatoirement porter une jupe pour participer à cette journée. Une affirmation qui serait fausse et tronquée, selon Le Point. Et ce, malgré le tweet publié ce mercredi par le président de l'UNI, Olivier Vial : "L'académie de Nantes incite les garçons à porter une jupe et du rouge à lèvres vendredi 16 mai. #ConchitaWurstStyle" (en référence au travesti barbu gagnant de l'Eurovision, ndlr).

Face aux réactions suscitées par le projet lycéen, le porte-parole de l'académie de Nantes a tenu à dissiper tout malentendu. "Il ne s'agit en aucun cas de se déguiser ou d'une journée de folklore, surtout en période d'examen : l'an dernier pour la première édition, le 12 avril 2013, ce sont surtout des filles qui sont venues en jupe, parfois même, de manière symbolique, sur des pantalons, et chez les garçons, il y a peut-être eu deux ou trois kilts", a-t-il précisé à l'AFP.

La droite s'en mêle

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Les députés de l'oppostion se sont également emparés de l'affaire. Lors de la traditionnelle séance de questions au gouvernement, l'élue UMP de l'Orne, Véronique Louwagie, a interpellé le ministre de l'Education, Benoit Hamon (voir vidéo ci-dessous). Ce dernier a rétorqué que cette initiative "potache" et utilisant "l’humour dans la lutte contre le sexisme" avait "été prise par le Conseil académique de la vie lycéenne" et non par l'académie de Nantes. Des explications qui n'ont pas pour autant dissipé les tensions entre les députés de la majorité et ceux de l'opposition.

De son côté, le groupe local anti-théorie du genre "Les Nantais pour la famille" a appelé une action de protestation pacifique le 16 mai. 

Vidéo : Journée de la Jupe : une députée UMP accuse le gouvernement