L'Association des musulmans gays de France ouvre ce vendredi soir une salle de prière près de Paris. Les lieux ont été prêtés par un moine bouddhiste.

Une mosquée "gay-friendly". Pour la toute première fois en Europe, une mosquée va ouvrir ses portes aux fidèles qui sont homosexuels, transgenres et transexuels. A l'initiative de l'association des Homosexuels musulmans de France (HM2F), ces croyants – y compris les femmes -  sont ainsi attendus ce vendredi dans une salle située dans le Val-de-Marne et prêtée par un moine bouddhiste. Ludovic-Mohammed Zahed, le créateur de HM2F a ainsi expliqué au Parisien qu' "ici, les gens pourront venir comme ils sont, mais ce n'est pas une mosquée pour gays et nous ne célébrerons pas de mariages homosexuels".

Et alors que son association compte plus de 320 membres, il a assuré: "Les musulmans ne doivent pas se sentir honteux. L'homosexualité n'est condamnée nulle part, ni dans le Coran ni dans la sunna. Si le prophète Mahomet était vivant, il marierait des couples d'homosexuels".  Et de confier qu'il rêve d'un islam "apaisé, réformé, inclusif" et tolérant envers le blasphème car "la pensée critique est essentielle pour le développement spirituel".

De violentes critiquesMais si cette démarche se veut porteuse d'un message de tolérance, elle n'en suscite pas moins de nombreuses critiques. "Il y a des musulmans homosexuels, ça existe, mais ouvrir une mosquée c'est une aberration, parce que la religion ça n'est pas ça", a ainsi déclaré Abdallah Zekri, le président de l'Observatoire des actes islamophobes, sous l'autorité du Conseil français du culte musulman (CFCM).

Publicité
De son côté, Dalil Boubakeur, le recteur de la Grande Mosquée de Paris a, dans une interview accordée au Parisien, formellement démenti le fait que l'islam ne condamne pas l'homosexualité. "Ces pratiques sont formellement rejetées par l'islam, en contradiction totale avec la lettre du Coran", a-t-il affirmé avant d'ajouter que "c'est quelque chose d'extracommunautaire". Face aux critiques que son initiative suscitent et aux violences qu'elle pourrait engendrer, Ludovic-Mohammed Zahed a préféré tenir l'adresse exacte du lieu de prière secrète.  

Vidéo - Retrouvez ci-dessous notre zapping Actu du jour :