Dominique Strauss-Kahn était à la barre mardi. Soupçonné de proxénétisme aggravé dans l’affaire du Carlton, il a confronté sa version des faits à celles des prostituées avec lesquelles il a eu des rapports sexuels lors de parties fines.

Une semaine après le début du procès du Carlton, Dominique Strauss-Kahn a été appelé au tribunal de Lille. Mardi, l’ancien patron du Fonds monétaire international était donc à la barre et entamait les trois jours qu’ils a devant lui pour tenter de convaincre les juges qu’il n’est pas coupable de proxénétisme aggravé.

DSK maintient sa ligne de défense

Ainsi qu’il l’a toujours fait depuis l’éclatement de cette affaire, DSK a maintenu mardi qu’il ignorait avoir eu des rapports sexuels avec des prostituées lors de parties fines organisées par ses "amis". Au président du tribunal qui lui demandait s’il n’avait pas "changé d’avis", l’ex-époux d’Anne Sinclair a répondu : "Sur la connaissance de l’aspect prositutionnel ? Non". Et celui-ci d’ajouter : "Ce n'est pas la conception des relations sexuelles que j'ai de le faire avec des prostituées. Ca ne me plaît pas, parce que j'aime que ce soit la fête. Elles venaient avec des amis pour participer à des soirées festives. Je n'ai jamais pensé qu'elles venaient pour moi (….) Je ne m’estime en rien organisateur de quelconques soirées". "Je n'ai commis ni crime, ni délit", a-t-il également assuré dans une lettre lue par le président du tribunal.

 

Les témoignages sans détours des prostituées

Elles n’ont pas mâché leurs mots. Appelées à raconter les différentes "soirées" qu’elles ont passées avec Dominique Strauss-Kahn, des prostituées n’ont pas hésité à employer un vocabulaire parfois cru. Rendant ainsi leur témoignage encore plus glaçant. Quand Mounia, une ancienne prostituée, est venue témoigner, elle a notamment raconté une soirée à l’hôtel Murano à Paris. Après quelques mots échangés avec DSK, tous les deux se seraient dirigés vers une chambre. Là, la jeune femme aurait subi une relation "forcée". Car si elle admet qu'elle était consentante pour avoir un rapport avec cet homme, elle n’était en revanche pas d’accord avec toutes les pratiques "contre nature" auxquelles il voulait s’adonner. "J'ai montré des réticences, je n'acceptais pas cette pratique. C'est un rapport de force un peu brutal. Il ne s'est pas arrêté. J'ai beaucoup pleuré", a-t-elle confié. "C'est son sourire qui m'a marqué du début à la fin. Il avait l'air d'apprécier ce qu'il faisait", a-t-elle poursuivi, assurant toutefois ne jamais avoir été payée par DSK. Selon elle, et à propos des prostituées qui sont montées dans sa chambre ce soir-là, "tout le monde était au courant".

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Jade, une autre prostituée appelée à la barre a quant à elle évoqué une soirée avec DSK dans un club belge.

DSK, une arrivée très remarquée

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Vêtu d’un costume sombre, prenant soin de bien s’exprimer et se tenant droit à la barre, DSK était calme mardi. Pourtant, son arrivée au tribunal dans la matinée a été mouvementée. Alors que son véhicule approchait du bâtiment, trois Femen se sont jetées seins nus sur le capot. Criant "Marcs, clients, déclarés coupables !", les militantes ont ensuite essayé d’escalader le pare-brise avant d’être interpellées.
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