Un procès-verbal, publié ce mercredi dans les colonnes du "Monde", atteste que les forces de l'ordre étaient au courant qu’une de leurs grenades avait causé la mort de Rémi Fraisse à Sivens (Tarn).

L’enquête sur la mort de Rémi Fraisse, jeune militant de 21 ans tué par l’explosion d’une grenade offensive à Sivens, dans la nuit du 25 au 26 octobre, risque de prendre une tournure embarrassante pour les gendarmes.

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Ce mercredi, Le Monde révèle le procès-verbal, daté du 29 octobre dernier, dans lequel figurent les discussions des militaires, enregistrées par la caméra d’un d’entre eux durant leur rixe contre les opposants au barrage de Sivens. Selon le quotidien, les gendarmes étaient déjà au courant du décès de Remi Fraisse.

Après un lancer de grenades lacrymogènes instantanées, dont l’usage est aujourd’hui suspendu, ils sont témoins de l’effondrement du jeune homme : "Stop pour les F4 (grenades offensives, ndlr) ! Il est là-bas le mec. Pour l’instant, on le laisse", aurait ordonné un militaire

Un évènement que les forces de l’ordre aurait minimisé dans le feu de l’action : "C’est bon, il va se relever."

"Là, c’est vachement grave…"

Mais face à l’immobilité du jeune manifestant, un peloton est dépêché auprès du corps et ne peut que constater le décès de Rémi Fraisse. Craignant une nouvelle escalade de violence, les gendarmes décident alors de passer la mort du manifestant sous silence : "Il est décédé, le mec ! Là, c’est vachement grave… Faut pas qu’ils (les autres manifestants, ndlr) le sachent !"

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Ces révélations mettent de nouveau à mal la communication des autorités. Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur, étaient resté silencieux pendant plus de 48 heures après le drame de Sivens.

Selon Le Parisien, le directeur de la gendarmerie continue, quant à lui, de maintenir sa version selon laquelle il n'y a pas eu de "faute" de la part des troupes présentes cette nuit-là.

Une information judiciaire, ouverte par le parquet de Toulouse, est toujours en cours pour "violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner."

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