Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif a invité jeudi soir sur France 2 le PDG de Renault, Carlos Ghosn, à baisser son salaire dans le cadre de l’accord de compétitivité actuellement négocié par l’entreprise avec les syndicats de salariés.

Une proposition inattendue. Alors qu’il était invité sur le plateau de l’émission des "Paroles et des actes" jeudi soir sur France 2, Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif a estimé qu’il ne serait pas "absurde" que le PDG de Renault, Carlos Goshn diminue son salaire. En pleines négociations d’un accord de compétitivité entre le constructeur automobile et les salariés, le ministre estime que cet effort sur sa rémunération serait même le bienvenu. "Je crois que dans la mesure où Renault est train d’organiser finalement un travail sur l’entreprise avec les partenaires sociaux, il n’est pas absurde de demander à Monsieur Ghosn de faire un effort sur ses propre émoluments puisque des demandes sont formulées à l’égard des autres salariés", a ainsi expliqué le membre du gouvernement. D’après le cabinet Proxinvest, Carlos Ghosn – qui est également à la tête de Nissan – a perçu une rémunération de 13,3 millions d’euros en 2011.

Fort de sa proposition, Arnaud Montebourg a également rappelé que, grâce au travail de son ministère, près de 43.000 emplois avaient d’ores et déjà pu être sauvés sur les 51.000 qui sont menacés et ce, en l’espace de huit mois. "C’est un travail difficile, de bénédictin qui concerne tous les territoires, tous les départements et nous ne laissons rien au hasard", a-t-il souligné.

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Une négociation houleuseLa direction de Renault tente actuellement de restaurer la compétitivité de ses sites sur l’Hexagone. Elle négocie ainsi avec les partenaires sociaux pour supprimer plus de 8.000 emplois en France d’ici trois ans, soit plus de 15% de ses effectifs. L’entreprise ne devrait cependant effectuer aucun licenciement ni aucun fermeture de site. Les salaires devraient, quant à eux, être gelés en 2013. Le temps de travail devrait, lui, augmenter. A l’appel de plusieurs syndicats, dont la CGT, des débrayages ont eu lieu mercredi dans des usines Renault pour dénoncer "un chantage de la direction" à la fermeture des sites en cas  d’échec des pourparlers. Renault est le deuxième constructeur automobile français.  

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